Notre existence a t-elle un sens? 13-1) Dur, dur le problème

 

Notre existence a t-elle un sens? 13-1) Dur, dur le problème (la conscience 1ère partie)

Cette série d'articles dans la catégorie "notre existence a t-elle un sens"? est  l'expression de  ce que j'ai écrit dans la présentation de mon blog: "Les merveilles de la nature me fascinent. Mes réflexions: le sens de l'Univers et de l'existence. En moi, il y a deux mondes: le monde extérieur du "faire"et le monde de l'intérieur, non conscient, mais tout autant réel. Ma devise: l'essentiel, c'est l'amour, amour du sacré. Mes modèlesJésus (l'amour),Pythagore (la mathématique), Einstein (la physique)".

Je voudrais faire partager la lecture du livre de Jean Staunenotre existence a-t-elle en sens,  avec mes réflexions et les liens qu'elle m'a permis découvrir à travers internet. Ma quête est de retrouver (avec Jean Staune), le réenchantement du monde au cours des articles.

Mes articles déjà parus dans cette rubrique:

Notre existence a-telle un sens? 1) à propos de la préface du livre par Trinh Xuan Thuan

Notre existence a-t-elle un sens? 2) Le désenchantement du monde (et de l'homme!)

Notre existence a-t-elle un sens? 3) Comment ébaucher un "traité de la condition humaine"?

Notre existence a-t-elle un sens? 4) vers de nouvelles lumières.

Notre existence a-t-elle un sens? 5) première partie: Au-delà de cette limite, notre vision du monde n'est plus valable (naissance de la mécanique quantique).

Notre existence a-t-elle un sens? 5) deuxième partie : Au-delà de cette limite, notre vision du monde n'est plus valable (la non-localité).

Notre existence a t-elle un sens? 6-1) Vers un réalisme non physique...première partie

Notre existence a t-elle un sens? 6-1) Vers un réalisme non physique...deuxième partie

Notre existence a t-elle un sens? 7 partie 1) vous qui entrez ici perdez toute espérance ...

Notre existence a t-elle un sens? 7 partie 2) vous qui entrez ici perdez toute espérance...

Notre existence a t-elle un sens? 8 partie 1) le murmure du big bang...La deuxième fissure dans les théories classiques

Notre existence a t-elle un sens? 8 partie 2) Le murmure du big bang... la genèse du 

Notre existence a t-elle un sens? 9-1) Dieu revient très fort partie 1

Notre existence a t-elle un sens? 9-2) Dieu revient très fort partie 2

Notre existence a t-elle un sens? 10) où il fait plus noir que vous ne l'imaginez

Notre existence a t-elle un sens? 11 partie 1) Un point sur les articles déjà parus (la naissance de la physique quantique et la connaissance du réel)

Notre existence a t-elle un sens? 12-1) Recherchons Einstein de l'évolution (urgent)

Je consulte souvent aussi: astrosurf.com -UNE INTRODUCTION A LA PHILOSOPHIE DES SCIENCES

 

Exergue: "La raison pour laquelle la conscience nous apparaît comme un mystère est que nous n'avons pas une idée claire de la manière dont quoi que ce soit dans le cerveau pourrait les états conscients." John Searle.


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la-philosophie.com -corps-philosophie

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agoravox.fr -Neurosciences : quelle conscience après la mort ?

1) Le problème de la conscience.

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la-philosophie.com -corps-philosophie

Jusqu'à présent dans cette série d'articles, nous n'avons abordé que des questions afférentes au monde et à l'objectivité, depuis l'infiniment petit jusqu'à l'infiniment grand. Nous avons évoqué au départ le désenchantement du monde. Nous nous sommes posés la question qu'est-ce que le réel? Puis nous avons examiné l'Univers et son origine (d'où venons-nous où allons nous?). Les derniers articles ont été consacrés à la question "sommes-nous ici par hasard?", avec un regard sur l'évolution et ses explications. Maintenant nous allons aborder la question: "qui sommes-nous?". De toutes les grandes questions que nous nous posons, c'est peut-être la plus importante car elle nous concerne directement et c'est celle pour laquelle nous avons encore le moins d'éléments de réponse, quoique les progrès sont de plus en plus fulgurants. 

La conscience est peut-être le problème le plus difficile à appréhender. Dès l'enfance nous éprouvons la sensation d'être une entité unique, un « soi » conscient de sa propre existence, avec une mémoire, des pensées, des sentiments. Nous faisons l'expérience de sensations subjectives de douleur, de joie, de contentement, de perceptions. 

Pour l'expliquer, la plupart des civilisations ont fait intervenir deux entités, un esprit, siège unique de notre moi et de nos émotions et un corps contrôlé par cet esprit. Descartes a théorisé cela en séparant la "chose pensante" ("res cogitans") du corps (la "res extensa", ce qui est étendue). IL a même émis l'hypothèse que les deux interagissaient via la glande pinéale ou l'épiphyse (structure unique dans le cerveau alors que les que les autres sont doubles car elles existent dans les deux hémisphères). 

Depuis 250 ans environ, la recherche a pris une autre direction avec l'observation des malades atteints de lésions cérébrales et récemment grâce aux progrès fulgurants de l'imagerie cérébrale. Grâce à l'observation des patients, une carte du cerveau a pu être établie. Il existe une spécialisation des deux hémisphères. Par exemple chez 95% des droitiers (et 70% des gauchers), les aires du langage se trouvent dans l'hémisphère gauche. Par ailleurs, les lésions cérébrales ont des conséquences sur les caractères les plus évolués des êtres humains (le sens moral, la capacité à se projeter dans l'avenir, à se comporter en société...)

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outilsrecherche.over-blog.com -aires cérébrales

C'est ce que montre le cas de Phinéas Gage: " Le 13 septembre 1848, Phineas Gage travaille dans la périphérie de Cavendish dans le Vermont aux États-Unis à la construction d'une ligne de chemin de fer.

Alors qu'il est en train de bourrer la poudre dans la faille d'un rocher, Phineas oublie d'ajouter une couche de sable par dessus la poudre noire. Par malchance, la barre à mine en heurtant le rocher met le feu aux poudres. Suite à cette explosion, cette barre de fer (plus probablement un bourroir) lui perfore le crâne, en le traversant complètement, et provoque des dommages aux lobe frontal gauche de son cerveau. Malgré la gravité apparente de la blessure, la victime survécut.

Phineas Gage était jusque-là considéré comme sérieux, attentionné, sociable, fiable et ayant un bon jugement, mais cette blessure semble avoir eu des effets négatifs sur son comportement émotionnelsocial et personnel, le laissant dans un état instable et asocial, constate le Dr Harlow (1819-1907) qui le soigne pendant de longs mois. S'il perd l'usage de l'œil gauche, son état physique semble ne pas avoir changé. Il ne souffre d’aucune paralysie.

Son humeur changeante, son tempérament devenu grossier et capricieux lui font changer souvent de travail. Il essaye d'élever des chevaux mais sans succès, et devient ensuite conducteur dediligence au Chili entre Santiago et Valparaíso de 1852 à 1859. Il passe même comme attraction au cirque Barnum à New York vers fin 1849. De retour aux États-Unis auprès de sa famille près de San Francisco en 1859, sa santé se dégrade et il change encore sans cesse d'employeur. Il meurt douze ans après son accident, le soir du 21 mai 1860 (et non 1861 comme l'a rapporté Harlow), dans une grande crise d'épilepsie.

En 1867, le docteur Harlow fait exhumer le crâne de Gage au nom de la science pour pouvoir l'étudier, mais il ne peut à l'époque en tirer d'informations concluantes."

130 ans après, Hanna Damasio, à partir du crâne de Cage et de la barre de fer (l'histoire est décrite par Antonio Damasio le mari d'Hanna, dans "l'erreur de Descartes"), a pu reconstituer les dommages subis par le cerveau de Cage qui se trouvent dans la région ventro-médiane des lobes frontaux. Les patients ayant des lésions dans cette zone présentent les mêmes déficits pour décider, pour contrôler leurs émotions, et se comporter en société. On peut maintenant montrer que des modifications du cerveau entraînent des comportements anormaux contre la volonté d'une personne. Ainsi un père de famille attentionné se mit à collectionner des images pédophiles puis à commettre des actes pédophiles. Il déclara ne pas comprendre ce qui se passait, il se sentait "obligé" de se comporter ainsi. alors qu'il n'avait jamais eu de pulsions de cette sorte. Un scanner du cerveau révéla l'existence d'une tumeur qui comprimait certaines zones. Une fois opéré, il put reprendre une vie normale.

Une autre source d'information provient maintenant, non plus des malades, mais d'images de sujets sains obtenues grâce aux nouvelles techniques de résonance magnétique nucléaire. L'appareil IRM est devenu un outil de prédilection pour la recherche biomédicale, et notamment en neurosciences cognitives. À partir des années 1990, la technique d'IRM fonctionnelle, qui permet de mesurer l'activité des différentes zones du cerveau, a en effet permis des progrès importants dans l'étude des fondements neurobiologiques de la pensée. Ainsi, tous ces progrès ont généré un paradigme dans lequel il est indiscutable que la conscience soit, d'une façon ou d'une autre, produite par le cerveau.

Mais il reste au moins deux gros problèmes: en premier lieu, pour qui le monde existe-t-il? Quand nous voyons quelqu'un habillé en rouge courir, où cette unité de vision se réalise-t-elle alors que nous savons que des groupes différents de neurones traitent les couleursles formes le mouvement? Et, en second lieu, comment les phénomènes faisant partie de notre expérience subjective (être un "moi" unique, éprouver la beauté, être heureux...) peuvent-t-ils être produits à partir de l'activité physique des neurones de notre cerveau? D'où provient la conscience, c'est à dire le fait d'éprouver quelque chose? C'est ce que le philosophe David Chalmer a appelé le "hard problem" (le dur problème).

A l'heure actuelle, quasiment tous les spécialistes s'accordent pour dire que dans le cerveau il n'y a aucun "lieu de la conscience", endroit unique où seraient projetées les sensations et où un "soi" en prendrait conscience (Il existe deux grandes catégories de chercheurs ou philosophes qui travaillent sur la conscience: les "identitaires" et les "émergentistes").

2) Les identitaires: "rien d'autre que les neurones".

Pour eux, le mental est identique au cérébral. Douglas Hofstadter et Daniel Dennett peuvent dire, dans "vues de l'esprit" que "l'esprit humain est un objet physique". Les identitaires pensent que seules les connections neuronales sont responsables des états mentaux produit par la perception des sens ou de la pensée. La théorie identitaire se base uniquement sur les phénomènes physiques, ce qui élimine en grande partie le problème de l’origine de la conscience. Pour eux, le "problème difficile" de David Chalmer est un faux problème, il n'y a rien à expliquer, juste des processus physiques.

Parmi les identitaires, il y a les "forts" et les "faibles, comme il y a les darwiniens "forts" et "faibles." Les identitaires forts, sont appelés parfois "éliminationnistes" car ils éliminent totalement le problème de la conscience. Pour les identitaires faibles parfois appelés "fonctionnalistes", les rapports entre les états neuronaux et les états mentaux peuvent être moins stricts.  

3) Les émergentistes: le tout est plus que la somme des parties. 

Pour les émergentistes, "les sensations conscientes subjectives ne peuvent pas être réduites à des états physiques, même si elles sont produites par eux. Ils proposent alors la théorie de l’émergence, qui se résume par : le tout est plus que la somme des parties.

Par exemple, l’eau a de nombreuses propriétés que l’on ne peut deviner si l’on ne connaît que les atomes d’oxygène et les molécules d’hydrogène. L’eau n’est rien d’autre que H2O mais c’est un tout. La molécule d’eau est bien plus qu’une simple association d’atomes puisqu’elle manifeste des propriétés qui ont «émergé» et qui n’existaient pas dans ses seuls composants.

Les émergentistes pensent qu’il en est de même pour la conscience et des sensations subjectives qui l’accompagnent : les neurones seuls ne sont que peu de choses, mais associés, ils auraient la faculté de produire la conscience."

Comme pour le identitaires faibles, il y a les émergentistes faibles qui pensent qu'il en est ainsi de la conscience et de toutes nos sensations subjectives. Pour les émergentistes "forts", l'émergence peut produire des niveaux ontologiquement distincts des niveaux de départ. Ils contiendront des forces ou des entités capables d'exercer une influence causale sur les niveaux inférieurs qui les ont créés (causalité descendante), ce que nient les émergentistes faibles.

4) Les neurones.

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memoireetvie.com -neurone

 

Un neurone, ou cellule nerveuse, est une cellule excitable constituant l'unité fonctionnelle de base du système nerveux spécialisée dans la communication et le traitement d'informations. Le neurone est composé d'un corps appelé péricaryon ou corps cellulaire ou encore soma, et de deux types de prolongements : l'axone, unique, qui conduit le potentiel d'action de manière centrifuge, et les dendrites, qui sont en moyennes 7 000 par neurone.Les signaux vont soit le pousser à se déclencher, soit inhiber son déclenchement. S'il se déclenche, il envoie une impulsion électrique qui se propage dans l'axone. En général, les neurones produisent toujours le même type d'effets sur leurs voisins. Certains neurones contribuent à exciter d'autres neurones alors que d'autres ont toujours une action inhibitrice. 
L'axone se termine par un bouton terminal qui permet au signal de passer d'un neurone à l'autre (ou d'un neurone à une cellule musculaire si ce dernier contrôle un muscle). Une 
synapseespace très fin de l'ordre de 2 à 300 angströms, sépare le bouton terminal de la surface d'une dendrite. L'influx nerveux, en arrivant dans le bouton, va exciter des vésicules qui vont s'ouvrir relâchant des molécules appelées "neurotransmetteurs" qui vont influencer la dendrite située de l'autre côté de la synapse en y créant un courant électrique. Ainsi, l'espace séparant les deux neurones est franchi par ce médiateur chimique qui sert de relais pour des impulsions électriques. . 

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memoireetvie.com -LES NEURONES ET LES SYNAPSES

De nombreuses autres choses se produisent dans les neurones, mais l'essentiel de ce que nous sommes se réduit à l'activité de l'immense réseau que forment les 86 à 100 milliards (10^{11}) de neurones de notre cerveau, chacun étant connecté en moyenne à 10 000 autres neurones. 

5) Les positions de quelques personnalités.

a) Francis Crick, prix Nobel de médecine pour la découverte de la structure hélicoïdale de l'ADN appelle ceci "l'hypothèse stupéfiante (voir 2)": "nous ne sommes rien d'autre que qu'un paquet de neurones.". Crick se concentre sur la vision et dit seulement chercher des "corrélats" de la conscience visuelle (mais une corrélation n'est pas une cause). Il suppose qu'une "agrégation" des informations éparses obtenues à propos d'un objet doit être faite, mais que le processus est inconnu. Il est possible que cette unité soit obtenue avec le concours du mécanisme rapide de l'attention, dont la nature reste méconnue. Crick suppose que que c'est grâce à une fréquence commune qui pourrait être de 40 Hz que s'établit une unité entre les différents neurones. Puis le thalamus joue un rôle central ainsi que les cellules pyramidales de la couche 5. Ce qu'un de ces neurones devrait envoyer aux autres parties du cerveau, ce sont les résultats des traitements de l'information par ces neurones. Selon Crick, il serait possible que la conscience corresponde à un sous-ensemble de ces résultats. 

Ainsi, la conscience serait un sous-ensemble accessoire de l'activité neuronale (position "locationniste") qui est testable, puisqu'une anesthésie de ces seuls neurones devrait priver une personne de conscience. mais Crick n'a pas l'air de vraiment y croire car il écrit: "si qui que ce soit me soumettait cette théorie, je la condamnerais à l'instant et la traiterais de château de cartes. Touchez-la, elle s'écroule." Il représente la tendance "éliminationniste" dont le réductionnisme est plutôt extrême. Il considère comme "mystique" une définition de la conscience correspondant non seulement à l'émergence forte, mais déjà à l'émergence faible: "le comportement émergent  ne peut absolument pas être compris comme une combinaison du fonctionnement de ses différentes parties." Et encore: "Si le tout peut ne pas être que la simple somme de ses parties, son fonctionnement peut, en principe, être compris à partir de la nature et au comportement de ses parties et de leur interaction.", ce que peu d'émergentistes même faibles accepteront. 

b) Gérald Edelman, prix Nobel de médecine, eut l'idée de la "théorie de la sélection des groupes neuronaux." La structure du cerveau n'est pas totalement déterminée à la naissance . Des groupes de neurones sont en compétition pour accomplir les mêmes tâches (ceux qui arrivent mieux que d'autres se trouvent renforcés alors que les autres dépérissent). cela ressemble à un processus de sélection naturelle qu'Edelman appelle le "darwinisme neuronal". C'est possible pour le développement pour l'organe qu'est le cerveau, mais comment passer de ce phénomène à la conscience?

Pour comprendre la possibilité des capacités cognitives du cerveau, il faut comprendre le phénomène de catégorisation, et le concept sous-jacent de “valeur interne” proposé par Edelman. Il expose ainsi le “problème fondamental” (de la catégorisation): Le phénomène essentiel est celui de la réentrance ou de la rétroaction, avec des interactions des groupes de neurones. La vision globale d'un objet émerge ainsi au niveau du cerveau sans être localisée nulle part. Les catégories ainsi obtenues sont ensuite mémorisées. 

Puis, dans un premier temps, Edelman distingue la conscience primaire, et la conscience d’ordre supérieur. La conscience primaire est l’état qui permet de se rendre compte de la présence des choses dans le monde, d’avoir des images mentales dans le présent. Mais elle ne s’accompagne pas d’un sens de la personne, avec son passé, et son présent. Les quatre bases de la conscience primaire sont la catégorisation perceptive (l’aptitude à découper le monde en catégories utiles (comme reconnaître ses proies), un processus fondamental du système nerveux des vertébrés, avec le contrôle du mouvement), le développement des concepts (capacité à combiner différentes catégories perceptives), la mémoire (capacité à répéter ou supprimer un acte mental ou physique), et le réglage des contraintes de valeur. La conscience supérieure, la nôtre, va naître à partir de la conscience primaire grâce l'ajout du langage, qui sera à l'origine de nouvelles boucles dans le circuit allant de la mémoire aux perceptions.
Mais, comme le souligne Jonh Searle, Edelman ne dit pas comment tous ces mécanismes de réentrées causent les états conscients. On peut imaginer un cerveau (un ordinateur?) ayant les mêmes mécanismes sans avoir de conscience. On pourrait résumer son raisonnement par: 1) nous savons que la conscience existe; 2) Il faut qu'elle émerge des processus cérébraux; 3) De nombreux processus complexes interagissent eux; 4) La conscience doit donc émerger de ces interactions

L'approche d'Edelman est un exemple d'émergence faible. Il s'oppose au réductionnisme au fonctionnalisme, aux "identitaires" et à tous ceux qui assimilent l'esprit à un programme d'ordinateur, même s'il pense qu'une machine possédant une conscience supérieure puisse un jour être construite. Il attache une grande importance au corps et à la structure du cerveau pour l'apparition de la conscience. Il croit en l'existence d'une certaine forme de libre-arbitre et rejette le déterminisme psychologique de Freud. Il pense aussi que sa théorie implique une certaine incomplétude de la connaissance.

c) Roger Sperry, prix Nobel de médecine, représente l'émergence forte. Il se dit mentaliste tout en rejetant le dualisme: "Quand je me prétends mentaliste, je soutiens que les phénomènes mentaux subjectifs, tels qu'on en fait l'expérience subjective, représentent une réalité primordiale exerçant un effet causal et qu'ils sont distincts de leurs éléments physico-chimiques, auxquels ils ne peuvent être ramenés". Il affirme (ce que Crick qualifierait certainement de super-mystique) qu'il y a une réalité non physico-chimique qui précède et détermine nos pensées et nos actions, quand bien même celles-ci laissent des traces détectables par divers moyens dans notre cerveau. Ainsi, Exit l'homme neuronal et le paquet de neurones de Jean-Pierre CHANGEUX,  fini le hasard et la nécessité de Jacques MONOD.

Cet "esprit conscient", qui n'est pas physico-chimique est replacé "dans une position de commandement suprême." Il impose son mouvement global aux molécules sans directement interagir avec elles, comme la roue impose une direction de déplacement à toutes les molécules qui la composent sans interagir directement avec elles. 

Mais SPERRY va encore plus loin : "Il me paraît indispensable de contester avec la dernière rigueur la conception matérialiste et réductionniste de la nature et de l'esprit humain, conception issue semble-t-il de l'attitude objective et analytique aujourd'hui prédominante dans les sciences du cerveau et du comportement [...]. Je soupçonne que nous avons été dupés, qu'à la société et à elle-même la science n'a fourgué que de la camelote.

 d) le philosophe Philip Clayton a développé des conceptions à l'image de celles de Sperry, et qui aboutissent à une théorie de l'émergence forte. L'être humain est constitué de toute une série de niveaux et chaque niveau doit être expliqué par une science adaptée à ce niveau. Il écrit:"Je parie qu'aucune explication faisant l'économie d'un niveau psychologique irréductible ne pourra rendre compte de la personne humaine. Comme je l'ai dit, cela implique que la dimension consciente ou mentale de la personne humaine existe réellement et puisse exercer des effets causaux."
e) Pour Antonio Damasio, les émotions sont essentielles. Dans "l'erreur de Descartes", il écrit que "la passion fonde la raison". Il se fonde pour cela sur le cas de patients ayant subi des lésions dans la même zone que celle de Phinéas Cage. L’émotion donnerait du poids aux différentes solutions d’avenir en termes de survie et d’intérêt propre, ceci en s’appuyant sur le marquage émotionnel factuel acquis par la personne et sur le marquage émotionnel inné de son espèce. 
Dans son deuxième livre, intitulé «le sentiment même de soi», Damasio "se propose de comprendre comment les individus s’avancent dans la pleine lumière de la conscience, en examinant les circonstances biologiques et émotionnelles qui permettent la transition cruciale de l’état d’insu à l’état de connaissance, et ceci en prenant pour toile de fond le sentiment même de soi, partie indispensable de l’esprit conscient". Il semble être ici "localiste" et ce qu'il appelle le moi et qui génère la subjectivité nécessaire à la conscience est pour lui localisé dans les aires somato-sensorielles de l'hémisphère droit. Les patients ayant des lésions à cet endroit perdent la mobilité de la partie gauche de leur corps.et ne sont pas capables de s'en apercevoir! Damasio en déduit que "les lésions dont ils sont atteints détruisent partiellement la base neurale de leur moi...". Il semble pourtant que les patients souffrant de ce mal n'aient aucun trouble d'identité et continuent parfaitement de savoir qui ils sont. Dans son troisième ouvrage intitulé «Spinoza avait raison», Damasio reprend sa théorie évolutionniste et homéostatique de l’émotion pour affiner la compréhension des sentiments et leur signification universelle.et il établit un lien original avec la philosophie de Spinoza.

f) Jean-Pierre Changeux représente le courant "identitaire fort": "l'identité entre les états mentaux et les états physico-chimiques du cerveau s'impose en toute légitimité". Comme Crick il est réductionniste sans être "localiste" et, comme Edelman, utilise l'idée de "réentrée". "les opérations sur les objets mentaux et surtout sur leurs résultats  seront "perçus" par un système de surveillance , composé de neurones très divergents et de leurs réentrées. les enchaînements et emboîtements, ces "toiles d'araignée", ce système de régulation fonctionnera comme un tout. Doit-on dire que la conscience "émerge" de tout cela? Oui si l'on prend le mot émerger au pied de la lettre comme l'on dit que l'iceberg émerge de l'eau. Mais il suffit de dire que la conscience est ce système de régulation en fonctionnement. L'homme n'a dès lors plus rien à faire de "l'esprit", il lui suffit d'être un homme neuronal." Ce type de position qui repose sur l'équivalence neuronal-mental a pu faire dire à Changeux: "Je ne sais pas ce que vous êtes en train de penser, mais lorsque nous connaîtrons toutes les interactions neuronales ayant lieu dans votre cerveau, je saurai non seulement ce que vous pensez, mais aussi ce que vous allez penser dans deux minutes et que vous ne savez pas encore." Ce déterminisme est fondé une vision du monde proche de celle de LaplaceComment évoluera t-il?

Dans Matière à pensée (Odile Jacob), écrit avec le mathématicien Alain Connes, J. Pierre Changeux s'interroge sur les mathématiques comme reflet de la structure cérébrale. 

g) Voyons maintenant la position de quelques philosophes?

     g1) Danniel Dennett. Dans son oeuvre majeure, la conscience expliquée, on constate qu'il élimine tout simplement la conscience plutôt que de l'expliquer comme le montre son dernier sous-titre "la conscience expliquée ou éliminée?". "Lorsque la physique vous dit que la seule différence qui existe entre l'or et l'argent est le nombre de protons et d'électrons de leurs atomes, les notions "d'argenté".ou de "doré" sont éliminées". C'est pareil pour la conscience qui doit être totalement réductible: "seule une théorie qui expliquerait les événements conscients en termes d'événements inconscients pourrait expliquer la conscience. Si notre modèle de la façon dont la douleur est un produit de l'activité cérébrale contient toujours une boite appelée "douleur", vous n'avez pas encore commencé à expliquer ce qu'est la douleur.".  La subjectivité de l'expérience (les "qualias") doit donc être éliminée pour "l'identifier avec la somme totale de toutes les dispositions relatives idiosyncrasiques inhérentes à mon système nerveux qui résultent  de ma confrontation avec un certain schéma de simulation." Remarques: pour Dennett une terrible rage de dents n'est-elle que la "somme de toutes..." (et comment y réagit-il)? Notre conscience est peut-être assimilable à un programme d'ordinateur et nos sentiments réductibles à de tels programmes, mais ça n'est pas résoudre le problème de la conscience que de nier son existence.

     g2) C'est David Chalmers qui a posé le problème de la conscience sous forme de "dur problème". Ce problème s'oppose aux « problèmes faciles » relatifs aux explications de la capacité de discerner, d'assimiler des informations, de rendre compte d'états mentaux, de l'attention, etc. Ces problèmes sont faciles, non parce qu'ils auraient reçu des solutions définitives et simples, mais parce que leurs solutions requièrent seulement de spécifier des mécanismes qui peuvent réaliser les différentes fonctions de la conscience. Les problèmes difficiles s'en distinguent du fait qu'ils «persistent même quand toutes les fonctions en question sont expliquées», c'est-à-dire que personne, selon le constat de Ned Block, n'est parvenu à en fournir la moindre explication.

La position de Chalmer est un mélange de fonctionnalisme (en fait une position identitaire) et de dualisme. Si on prend l'exemple de la douleur, il y a deux significations: une signification physique telle celle de Dennett et une signification qui dépend de la conscience. Il y aurait un accord ou un parallélisme entre l'organisation fonctionnelle du cerveau et la conscience. La conscience existe, elle accompagne le fonctionnement de notre corps mais ne sert à rien pour expliquer notre comportement. Pour Chalmers, elle serait présente partout dans l'Univers où de l'information est présente. Cela l'amène à se demander: "Quel effet cela fait-il d'être un thermostat?". On peut dire que c'est une vision panspshychique du monde.

g3) Jonh Searle: La thèse de Chalmers est "le symptôme" d'un certain désespoir qui se manifeste aujourd'hui dans les sciences cognitives." Searle est un "émergentiste faible". En philosophie de l'esprit, Searle se distingue par son naturalisme biologique. Qualifier ainsi le naturalisme de "biologique", c'est mettre l'accent sur le fait que le niveau propre de compréhension du phénomène de la conscience est le niveau biologique. Searle défend ainsi une position «émergentiste». L'émergentisme développe l'idée qu'il y a continuité et non dualité entre le corps et l'esprit. L'esprit naîtrait d'une complexification croissante du corps et plus particulièrement du système neuronal. Searle s'oppose ainsi aussi bien aux conceptions dualistes et à l'héritage cartésien qu'aux conceptions réductionnistes des relations entre l'esprit et le corps. Pour lui, les états mentaux qui caractérisent notre vie subjective sont aussi réels que les autres phénomènes biologiques, aussi réels que des phénomènes comme la photosynthèse ou la digestion. Mais ils ne sont pas réductibles aux processus neurobiologiques tels que les neurosciences les conçoivent. Il écrit: "toutes ces tentatives réductionnistes pour éliminer la conscience sont aussi désespérées que le dualisme qu'elles étaient censées supplanter. En un sens, elles sont pires, parce qu'elles nient l'existence réelle des états conscients qu'elles étaient supposées supplanter." Searle rejette aussi le matérialisme au sens classique du terme: "Les matérialistes veulent aussi, en règle générale, nier que la conscience soit une partie réelle et irréductible du monde réel. Ils veulent soutenir que ce n'est "rien que...", puis ils choisissent leur candidat favori pour remplir le blanc: le comportement, les états neuro-chimiques du cerveau, les programmes d'ordinateur, etc. Pour ma part, je nie le matérialisme ainsi entendu." Le deni de l'existence de la conscience par Dennett est pour Searle "non pas une découverte sérieuse [...], mais plutôt une forme de pathologie intellectuelle."

Mais comment expliquer l'émergence de la conscience? Searle écrit: "Il nous faut franchement avouer notre ignorance. Ni moi, ni qui que ce soit d'autre ne sait à ce jour à quoi ressemblerait une telle théorie. [ ...]. Nous ne disposons pas jusqu'ici de principe théorique unificateur des neurosciences [...] nous n'avons pas une théorie du fonctionnement du cerveau. "

6) En guise de conclusion.

Pour l'évolution, nous avons vu dans les articles précédents qu'il y a une théorie hégémonique prétendant tout expliquer: le darwinisme (Notre existence a t-elle un sens? 12-1 et Notre existence a-t-elle un sens? 12-2)

Ce tour d'horizon que nous venons de faire montre que pour les neurosciences ce n'est pas le cas. Il n'y a pas de théorie hégémonique mais des hypothèses ne reposant sur aucun mécanisme précis et indubitable. Cela n'empêche Searle de répéter que "le cerveau cause la conscience."  Est-ce, comme le dit Jean Staune, pour s'autopersuader ou pour montrer qu'il ne verse pas dans le spiritualisme malgré son insistance sur l'irréductibilité de la conscience? Il exprime malgré tout l'opinion que partagent malgré leur différences Dennett, Crick, Edelman et beaucoup d'autres, même Sperry. 


Et s'ils se trompaient tous? C'est que nous allons voir dans le prochain article...


liens: uip.edu -La biologie non Darwinienne : essai de typologie et analyse des implications philosophiques

perso.limsi.fr -SCIENCES COGNITIVES ET CONSCIENCE -Quelques points de vue synthétiques sur la conscience

automatesintelligents.com -La conscience vue par les neurosciences

 

Blog de pascal : mon blog de réflexions, Notre existence a t-elle un sens? 13-1) Dur, dur le problème

croissanceetconscience.blogspot.fr -LE PROCHAIN NIVEAU DE CONSCIENCE SPIRITUELLE

 

dimanche 09 juin 2013 18:08 , dans notre existence a t elle un sens


Mes dernières aquarelles

Mes dernières aquarelles -en mai fait ce qu'il te plait, mais n'oublie pas!


Je publie mes dernières aquarelles en ce jour de fête des mères en souvenir de ma maman qui nous a quittés il y a maintenant un an. Je t'aime maman!

Blog de pascal : mon blog de réflexions, Mes dernières aquarelles


Mes aquarelles

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Je ne fais pas beaucoup de progrès, mais je persévère. 

Je viens d'apprécier un article de alicepeinture.over-blog.fr. Il s'agit d'une démo d'un peintre britannique dont Alice apprécie particulièrement la manière de travailler: David Curtis. C'est un peintre britannique dont les aquarelles sont pleines de finesse et d'élégance. Cela me donne l'occasion de partager quelques vidéos sur l'aquarelle qui vont, je l'espère m'aider à progresser.  

peau: ocre + rouge 


 

Premier pas (merci à Alice):  

Alice: "dessin préalable et réserves au Drawing-Gum afin de peindre le ciel tranquillement, sans se préoccuper des détails...

mise en couleurs (travail dans l'humidité du papier)

carmin, terre de sienne naturelle, bleu céruréum, cobalt et outremer,ocre jaune

premier jus pour le ciel ,ainsi que les bâtiments..."

Alice: "J'ai utilisé pour faire cette aquarelle une palette de couleurs assez réduite. Le gris parisien dominant , j'ai essayé d'égayer un peu avec des gris colorés.

Les couleurs indiquées précédemment (carmin, terre de sienne naturelle, bleus céruléum,cobalt et outremer) m'ont permis de peindre la totalité du tableau.

les lampadaires sont exécutés avec les gris saturés au pinceau extrêmement fin ,j'ai ajouté un soupçon d'ocre jaune à la terre de sienne pour les bâtiments en insistant sur les ors de la statue et de la coupole. Les ombres sont faites avec le bleu outremer et une pointe de carmin.

J'ai terminé avec un voile très, très, dilué de bleu céruléum pour donner l'atmosphère"parisienne", le ciel un peu plombé..."

On continue:

liens: davidpcurtis.com

linesandcolors.com -david curtis. lines and colour

youtube.com -david curtis: paysages à l'aquarelle

masmoulin.blog.lemonde.fr -Aquarelles en vidéo .David Curtis

 

Demos par David Curtis

bleu cobalt, vert (+bleu),

 

 

 

 

 

Rouge alizarine, vert de hooker, un peu terre ombre et gris de payne (support)

 

mardi 28 mai 2013 14:43 , dans peinture et art


Notre existence a t-elle un sens? 12-2) "Recherchons Einstein de l'évolution (urgent).

 

Notre existence a t-elle un sens? 12-2) "Recherchons  Einstein de l'évolution (urgent).

Cette série d'articles dans la catégorie "notre existence a t-elle un sens"? est  l'expression de  ce que j'ai écrit dans la présentation de mon blog: "Les merveilles de la nature me fascinent. Mes réflexions: le sens de l'Univers et de l'existence. En moi, il y a deux mondes: le monde extérieur du "faire"et le monde de l'intérieur, non conscient, mais tout autant réel. Ma devise: l'essentiel, c'est l'amour, amour du sacré. Mes modèlesJésus (l'amour),Pythagore (la mathématique), Einstein (la physique)".

Je voudrais faire partager la lecture du livre de Jean Staunenotre existence a-t-elle en sens,  avec mes réflexions et les liens qu'elle m'a permis découvrir à travers internet. Ma quête est de retrouver (avec Jean Staune), le réenchantement du monde au cours des articles.


Mes articles déjà parus dans cette rubrique:

Notre existence a-telle un sens? 1) à propos de la préface du livre par Trinh Xuan Thuan

Notre existence a-t-elle un sens? 2) Le désenchantement du monde (et de l'homme!)

Notre existence a-t-elle un sens? 3) Comment ébaucher un "traité de la condition humaine"?

Notre existence a-t-elle un sens? 4) vers de nouvelles lumières.

Notre existence a-t-elle un sens? 5) première partie: Au-delà de cette limite, notre vision du monde n'est plus valable (naissance de la mécanique quantique).

Notre existence a-t-elle un sens? 5) deuxième partie : Au-delà de cette limite, notre vision du monde n'est plus valable (la non-localité).

Notre existence a t-elle un sens? 6-1) Vers un réalisme non physique...première partie

Notre existence a t-elle un sens? 6-1) Vers un réalisme non physique...deuxième partie

Notre existence a t-elle un sens? 7 partie 1) vous qui entrez ici perdez toute espérance ...

Notre existence a t-elle un sens? 7 partie 2) vous qui entrez ici perdez toute espérance...

Notre existence a t-elle un sens? 8 partie 1) le murmure du big bang...La deuxième fissure dans les théories classiques

Notre existence a t-elle un sens? 8 partie 2) Le murmure du big bang... la genèse du 

Notre existence a t-elle un sens? 9-1) Dieu revient très fort partie 1

Notre existence a t-elle un sens? 9-2) Dieu revient très fort partie 2

Notre existence a t-elle un sens? 10) où il fait plus noir que vous ne l'imaginez

Notre existence a t-elle un sens? 11 partie 1) Un point sur les articles déjà parus (la naissance de la physique quantique et la connaissance du réel)

Notre existence a t-elle un sens? 12-1) Recherchons Einstein de l'évolution (urgent)

Je consulte souvent aussi: astrosurf.com -UNE INTRODUCTION A LA PHILOSOPHIE DES SCIENCES

1) Résumé de l'article précédent "Notre existence a-t-elle un sens? 12-1) Recherchons Einstein de l'évolution"

Les 11 premiers articles de cette série ont été consacrés à "ma lecture" des trois premiers chapitres de l'ouvrage de Jean Staune Notre existence a -t-elle un sens? Nous avons traité des questions fondamentales du chapitre 1 du livre (article 1 à 4): le désenchantement du monde (et de l'homme!), comment ébaucher un "traité de la condition humaine", allons-nous vers de nouvelles lumières? Puis nous avons longuement examiné le chapitre II: "qu'est-ce que le réel?" (articles 5 à 7) et le chapitre III: "d'où venons-nous? où allons nous?" (articles 8 à 11).  

Je n'ai pas écrit d'article au sujet du chapitre IV : "d'où venons-nous? où allons nous?" consacré aux théories de l'évolution. Mais je vais consacrer un article pour donner "ma lecture" du dernier paragraphe de ce chapitre: "recherchons Einstein de l'évolution (urgent!)." dont c'est ici la deuxième partie. Après avoir évoqué le sort des théories au chapitre 1) (NewtonDarwin > Ptolémée) et en conséquence la nécessité d'une Nouvelle théorie de l'évolution (NTE), nous nous sommes posés la question: de quels concepts disposons-nous déjà pouvant servir à ébaucher la NTE? (au chapitre 2) et évoqué quelques pistes pour une NTE (au chapitre 3). 

2) Comment le darwinisme conserve-t-il une position hégémonique?

Blog de pascal : mon blog de réflexions, Notre existence a t-elle un sens? 12-2) "Recherchons  Einstein de l'évolution (urgent).

sceptiques.qc.ca/forum -Néo-darwinisme ou dessein intelligent

a) "Le terme darwinisme, fondé sur le nom du naturaliste anglais Charles Darwin (1809-1882), peut désigner :
Au sens strict, la théorie explicatrice de l'évolution des espèces formulée en 1859 parCharles Darwin dans son ouvrage majeur De l'origine des espèces, mettant notamment en avant le mécanisme de la sélection naturelle.
En un sens plus large, la théorie synthétique de l'évolution, extension de la théorie originale de Darwin, formulée dans les années 1930 et 1940, et intégrant les acquis de la génétique des populations.
Le darwinisme étendu (en anglais : Universal Darwinism) qui est l'application de la théorie darwinienne à d'autres entités que des organismes biologiques. Citons comme exemples l'économie évolutionniste, la théorie du darwinisme neuronal de Gerald Edelman, lamémétique de Richard Dawkins, la cosmologie évolutionniste de Lee Smolin, et les algorithmes évolutionnistes.
De manière plus problématique, le darwinisme social, une certaine conception des sociétés humaines, d'après laquelle la lutte pour la survie doit gouverner les relations sociales. Cette théorie se réclame des idées de Darwin, mais celui-ci la désapprouva explicitement[réf. souhaitée] dans son ouvrage La filiation de l'homme et la sélection liée au sexe (1871). Dans la mesure où elle attribuable à Herbert Spencer, il serait ainsi plus correct de parler de spencerisme
".

Le darwinisme explique beaucoup de choses et une NTE est loin d'être prête. En effet, comme nous l'avons déjà vu dans mes articles, les changements de paradigme sont toujours difficiles. Dans le chapitre 11 du livre de Jean Staune, on voit que le pouvoir explicatif du darwinisme est limité, que ses failles sont connues depuis des décennies et que le progrès de nos connaissances ne les a pas comblées. Mais le darwinisme est omniprésent et le remettre en cause semble être un crime de "lèse-majesté". Il ne repose pas uniquement sur ses seuls mérites scientifiques et les darwiniens ont mis en place toute une série de stratégies qu'il convient d'analyser. 

b) La stratégie de l'inclusion. Tant qu'on ne dit pas que Dieu a créé les être vivants, la darwinisme (et le néo-darwinisme) sont prêts à à accepter même ce qui en contredit l'essence.  Par exemple, une base du néo-darwinisme est l'existence de la barrière de Weismann érigée entre les cellules reproductives (cellules germinales) et les autres cellules (appelées "cellules somatiques").pour lesquelles rien de ce qui s'y produit ne saurait se transmettre aux cellules germinales et donc à nos descendants. Or Andrew D. Steele a démontré l'existence d'une telle transmission pour les lymphocytes. Alors, pour Richard Dawkins, il suffit de dire que les lymphocytes (cellules immunitaires) font maintenant partie des cellules germinales! (belle acrobatie?). Dawkins a également avancé que la reproductibilité de l'évolution telle que la postule Simon Conway-Morris est parfaitement intégrable dans le darwinisme.

c) La stratégie de l'exclusion. Mais si les darwiniens pensent qu'on ne peut vraiment pas inclure une approche dans leur théorie, alors ils l'en excluront en arguant par exemple que ces travaux ne sont pas sérieux ou qu'ils visent à prouver un plan divin (même si l'auteur est agnostique) et que l'auteur est complice des créationnistes...En pratiquant ces deux stratégies, on peut supprimer toute forme intermédiaire entre le néo-darwinisme et le créationnisme et conclure: "tous les biologistes sont darwiniens".  Ainsi suite aux travaux de Jonh Cairns et  Suzan M. Rosenberg sur les mutations adaptatives, les darwiniens ont crié au scandale à propos de cette "remise en cause des bases de la biologie moderne". Mais aujourd'hui ils considèrent ces expériences comme darwiniennes. 

d) La stratégie de la peur consiste à dire: "Tout ce que vous direz contre le darwinisme renforcera le créationnisme et constituera donc un crime contre la science."

e) La stratégie du déplacement du problème. C'est par exemple lorsqu'on demande des preuves que les mécanismes darwiniens puissent faire apparaître des fonctions ou des organes nouveaux ou créer un "pont" entre deux types d'organisation et qu'il est présenté des résultats remarquables montrant la puissance du darwinisme... mais portant sur tout autre chose. Par exemple, dans émergenceSteven Johnson montre comment le comportement des fourmis peut aider à résoudre le problème du voyageur de commerce. C'est une remarquable illustration des pouvoirs des mécanismes darwiniens mais cela n'a rien à voir avec la construction d'un "pont" permettant de passer par des procédés darwiniens d'un Galéopithécus à une chauve-souris. Or c'est ce genre de résultats qui est souvent présenté.

f) La stratégie du "si c'est possible, c'est que ça existe". Paul Kamerer, biologiste lamarckien des années 1920 fut l'un des premiers scientifiques à s'intéresser systématiquement aux coïncidences, esquissant le concept de sérialité ou loi des séries, qui sera repris et développé par la suite par le psychologue C.G. Jung, dans sa théorie de la synchronicitéPartisan de l'hérédité des caractères acquis, il tenta de convaincre la communauté scientifique de la réalité de ce processus censé rendre compte de l'évolution des espèces. À Vienne, il conduisit à cet effet des expériences notamment sur les Ciones, les salamandres et les crapauds accoucheurs. Les mâles ancestraux avaient des coussinets sur les pattes pour ne pas glisser pendant leur accouplement. Les mâles actuels les ont perdus. Mais au bout de quelques générations de crapauds se reproduisant l'eau, des ébauches de coussinets sont réapparus. Mais quelqu'un (on n'a jamais su qui?) injecta de l'encre dans les pattes pour rendre ces ébauches plus convaincantes  et Kammerer se suicida lorsque la supercherie fut découverte. Sephen Jay Gould a dit qu'il avait fait une expérience darwinienne (stratégie de l'inclusion). Puis il explique que Kammerer a exercé une forte pression de sélection encourageant la sélection des mutations pouvant permettre l'adaptation à la vie aquatique, ce qui a permis aux coussinets de réapparaître. C'est possible, mais on n'a aucune preuve et depuis plus de 80 ans personne n'a refait les expériences ni cherché à vérifier si de telles mutations aquatiques existaient.  Mais pour Gould, la cause est entendue. Il s'agit là de la stratégie "s'il y a une explication darwinienne plausible, il s'agit forcément de la solution...

g) La stratégie de la belle histoire. C'est une étape de plus; s'il existe une explication de type darwinien non crédible, il s'agira quand même de la solution. Sephen Jay Gould dit, à propos de l'autruche qui, de même que les phacochères, qui s'agenouillent et ont des callosités dès la naissance (voir 2.1 Les limites de la puissance de la sélection naturelle): "L'autruche a pu d'abord présenter ces callosités comme une adaptation non génétique. Mais l'habitude de s'agenouiller, renforcée par ces callosités, exerce de nouvelles pressions sélectives concourant à préserver la variation génétique fortuite qui peut également générer ces caractères." Gould affirme qu'elle en tire un avantage sélectif tel que la mutation, apparue par hasard au début, se répandrait parmi toute la population, alors qu'il reconnaît que l'autruche va être "en compétition" avec des "collègues" dont les genoux possèdent des callosités qui se forment parce qu'ils s'agenouillent continuellement. Et de conclure: " les callosités elles-même ne sont pas transmises mystérieusement par l'hérédité des caractères acquis de l'adulte au jeune" (Jean Staune écrit "il n'en sait rien, n'en n'a aucune preuve, mais il en est sûr, car il faut que ce soit comme ça."

h) La stratégie du "il suffit d'attendre". Daniel Dennett écrit dans "Darwin est-il dangereux?" que si le darwinisme a tort... il a tout de même raison car il ne saurait y avoir d'autre explication de l'évolution. Il suffit d'attendre le jour où on trouvera une explication darwinienne de ces faits. 

i) la stratégie du "vous manquez d'imagination. C'est une réponse souvent faite à ceux qui critiquent le darwinisme. Cela ramène au point g).

j) La stratégie du "vous faites appel au mysticisme." Si on fait appel à des concepts non purement matériels comme les archétypes, les darwiniens crient au mysticisme. Daniel Dennett pour les ridiculiser  appelle ces concepts des crochets célestes (skyhooks). C'est oublier qu'une position réaliste se doit aujourd'hui d'intégrer une dimension non physique.(voir mon article "notre existence a-t-elle un sens? 6-2) Vers un réalisme non physique)."

k) La stratégie du "vous vous répétez.".   Selon Patrick Tort, les non-darwiniens ne font rien d'autre que répéter des critiques émises depuis plus d'un siècle telles que celles synthétisées par George Mivart.  E1871, son livre,Genesis of Species, contribue au débat sur l'évolution qui règne alors. Il admet le principe d'évolution mais estime qu'il est impossible de s'y référer pour parler de l'intelligence humaine. Le but de son livre est de "soutenir la position que la sélection naturelle agit, et doit vraiment agir, mais qu'elle doit encore, en vue de rendre compte de la production des sortes connues d'animaux et de plantes, être suppléée par l'action de quelque autre loi (ou lois), que l'on pas jusqu'ici découvertes." (ce qui est une intuition parfaitement exacte). Patrick Tortdans la préface de pour Darwin, note que les scientifiques de 1996, à travers leurs réponses aux non-darwiniens, répondent de nouveau à Mivart. Les gens auxquels il répond (DentonShützenberger etc),sont pourtant des scientifiques de haut niveau quoi que l'on puisse penses de leurs idées. Pour Tort, la science s'arrête-t-elle là où le darwinisme s'arrête? 

l) La stratégie du "darwinisme insaisissable. "Un darwinien prétexte souvent: "vous critiquez le darwinisme d'hier et non celui d'aujourd'hui. Il y a désormais nombre de nouveaux concepts, l'émergence, les gènes Hox..." ou "vous critiquez votre conception du darwinisme et non pas ce que la darwinisme est réellement." Ainsi le darwinisme devient insaisissable et toute critique récusée d'avance. 

m) Y a-t-il une forme de néo-darwinisme qui soit scientifiquement crédible? Le néo-darwinisme peut être regroupé en deux grandes écoles, l'une incarnée par DawkinsWilson et Denett et l'autre par GouldLewontinEldredge. En Fait toutes deux ne s'accordent que sur une chose: il n'y a pas d'autre chose qui agisse sur l'évolution que les mutations au hasard et la sélection naturelle. Mais elles sont en désaccord sur presque tout le reste, sur le pouvoir de la sélection naturelle, sur le niveau auquel elle agit (sur les gènes ou sur les populations?), s'il existe de vrais sauts dans l'évolution (voir Les théories de l’évolution), sur le % de structures complexes qui soient des adaptations...D'un côté, Gould et Lewontin ont démontré le caractère naïf du "tout-sélectionnisme" de Dennet et Dawkins et de l'autre, Dennet et Dawkins ont montré que l'évolution non graduelle fondée sur les monstres prometteurs de gould est incohérente si on ne sort pas du cadre conceptuel dans lequel toutes les mutations sont dues au hasard.  Lewontin est particulièrement virulent à l'égard de "sociobiology" et de "on human nature" de Wilson ("[...] construction branlante d'assertions non étayées concernant une détermination génétique générale, allant de l'altruisme à la xénophobie"), ainsi que du darwinisme de Dawkins ("il ne parle en rien de l'évolution mais d'une inexorable ascendance de gènes sélectivement supérieurs alors que [...] les avancées techniques en matière génétique [...] mettent l'accent sur les forces non sélectives en jeu dans l'évolution..." Un autre chef de file du néo-darwinisme, John Maynard Smith écrit même: "les biologistes  de l'évolution avec qui j'ai discuté des travaux de Gould tendent à le considérer comme un homme dont les idées sont si confuses qu'elles ne valent pas la peine qu'on s'y attarde, mais [...] on ne devrait pas le critiquer publiquement  [...] il a au moins l'avantage d'être de notre côté face aux créationnistes." Ainsi, selon Lewontin, Dawkins et Wilson donnent une image fausse de l'évolution et selon Maynard Smith, Gould donne lui aussi une image fausse de l'évolution.

Etant donné qu'il n'existe pas de véritable troisième alternative à l'intérieur du néo-darwinisme, malgré des positions moins extrêmes comme celle de Ernst Mayr, on peut se demander quelle forme du néo-darwinisme est scientifiquement crédible?

liens: knowtex.com -150 ans après, la théorie de l'évolution est en pleine évolution

staune.fr -Une nouvelle théorie scientifique de l’évolution de la lignée humaine avec Anne Dambricourt

wikipedia.org -Sélection naturelle

wikipedia.org -Théorie synthétique de l'évolution ou néodarwinisme

wikipedia.org -Darwinisme social

wikipedia.org -Darwinisme étendu

boris.saulnier.free.fr -Le darwinisme neuronal de Gerald M. Edelman

wikipedia.org -la mémétique de Richard Dawkins

 cosmologie évolutionniste de Lee Smolin (par Marc Lachièze Rey et Elisa Brune),

wikipedia.org -Algorithmes évolutionnistes

automatesintelligents.com -simon Conway-Morris:et l'intelligence universelle

agoravox.fr -Dynamités les deux piliers du néodarwinisme : ni sélection naturelle ni gènes

automatesintelligents.com -daniel Dennett: Freedom Evolves

scienceshumaines.com -Darwin est-il dangereux?

situconnaissasledondedieu.centerblog.net -Darwin est-il dangereux ?

admiroutes.asso.fr -Daniel Dennet: la conscience expliquée et Darwin est-il dangereux?

3) Darwinisme et religion.

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histoire-fr.com -le créationnisme

a) misère et médiocrité du créationnisme.
Il sera surtout question du mouvement créationniste, né au xixe siècle, en réaction contre le darwinisme. Le fameux débat d'Oxford du 30 juin 1860 est le premier affrontement direct entre les darwinistes et les créationnistes. Ces derniers étaient représentés par l'évêque Samuel Wilberforce. Ses partisans affirment que le monde a été créé par Dieu en six jours et soutiennent que les théories transformistes s'opposent à la Bible, selon laquelle Dieu aurait créé chaque espèce végétale ou animale de façon individuelle. Le créationnisme est principalement soutenu par quelques Églises protestantes, comme une conséquence de la doctrine de l'inerrance biblique et de l'autorité de la Bible. Cette mouvance est associée au littéralisme biblique, qui se base sur une lecture littérale de la Genèse et d'autres éléments de la Bible, comme les psaumes, s'opposant ainsi à d'autres courants créationnistes chrétiens.À l'heure actuelle, des créationnistes essaient d'apporter des éléments pour défendre leur thèse face à la théorie de l'évolution, mais leurs théories sont rejetées par la communauté scientifique : ils sortent en effet du champ de la rationalité en invoquant l'intervention miraculeuse de Dieu durant la « semaine de la création ». La démarche est également qualifiée de non-scientifique, car elle est basée sur l'a priori que les faits scientifiques doivent concorder avec les écrits saints (17).
Je partage l'avis de Jean Staune lorsqu'il écrit: "... non seulement ces gens nous désinforment et répandent des inexactitudes, des absurdités, voire des mensonges, dans des proportions jamais atteintes même par les darwiniens les plus délirants, mais, de surcroît, ils le font au nom de la défense d'une foi qui est également la mienne!" De plus, le créationnisme est sans doute l'une des meilleures assurances vie du darwinisme. Il empêche certains chercheurs (particulièrement aux Etats-Unis, pays le plus influent sur le plan scientifique) de développer des idées évolutionnistes, mais non darwiniennes. La confusion sciemment entretenue entre l'évolution et la théorie tentant de l'expliquer qu'est le darwinisme profite à la fois aux créationnistes et aux darwiniens.
b) Darwiniens et chrétiens. De très nombreux scientifiques, philosophes et théologiens sont darwiniens et chrétiens avec, en général, une position proche du schéma suivant: 

     -Il faut séparer la science et l'idéologie (ce que ne font pas Dawkins ou Dennet qui proposent à la fois les résultats scientifiques du darwinisme et leur interprétation matérialiste).
     -Il faut différentier la notion de "hasard intrinsèque à la nature" d'un hasard qui ne serait que la conséquence de notre ignorance. 

     -Rien ne prouve que l'évolution soit due à un hasard intrinsèque. On peut donc penser que le processus n'est pas livré à la seule contingence. 

     -D'autres, plus audacieux, tels Ken Miller ou Robert Russell pensent qu'en dernière analyse toute mutation est un phénomène quantique et que la physique quantique est la grande source d'indétermination dans l'Univers. Ils imaginent que Dieu agit à ce niveau-là pour orienter l'évolution sans violer les lois de la nature et nous laisser la liberté de ne pas croire en lui.

Les positions des darwiniens comme Dennett, Dawkins ou Gould sont certainement plus crédibles si on se limite uniquement aux faits scientifiques qu'ils utilisent. En effet, tout se passe comme si l'évolution était due à des événements contingents. Même si Dieu peut agir par l'intermédiaire de l'indéterminisme quantique, pourquoi faire appel à ce concept? Dans ce cas, il est plus probable que nous soyons bien ici par hasard.
Il serait plus crédible d'intégrer, comme le fait Christian de Duve, une canalisation du hasard ou une analyse des phénomènes de convergence comme le passage des reptiles aux mammifères (à voir aussi la position du paléontologue Marc Godinot). Par ailleurs, Dieu n'intervient sans doute pas directement (via des mutations quantiques par exemple), mais plutôt par le fait qu'il a créée les lois de na nature qui génèrent les choses telles qu'elles sont. Ce sont alors elles qui guident l'évolution. 

c) Le pape et Darwin. Un texte de référence est la lettre de Jean-Paul II à l'académie pontificale des sciences le 22 octobre 1996 dans lequel il reconnaît que que l'évolution est un fait, alors qu'en 1950Pie XII y voyait "une hypothèse parmi d'autres." Pour Jean-Paul II, "De nouvelles connaissances conduisent à reconnaître dans la théorie de l'évolution plus qu'une hypothèse. [...] Et, à vrai dire, plus que de la théorie de l'évolution, il convient de parler des théories de l'évolution. Cette pluralité tient, d'une part, à la diversité des explications qui ont été proposées du mécanisme de l'évolution et, d'autre part, aux diverses philosophies auxquelles on se réfère. Il existe ainsi des lectures matérialistes et réductionnistes et des lectures spiritualistes. Le jugement ici est de la compétence propre de la philosophie et, au delà, de la théologie." C'est donc un démenti cinglant à une affirmation clé des darwiniens pour qui il ne saurait qu'une seule théorie susceptible d'expliquer l'évolution, le néodarwinisme, et une seule sorte de mécanisme, le hasard et la sélection naturelle, tout le reste n'étant que secondaire. Ceci prouve aussi qu'il était mieux informé que beaucoup de scientifiques pour parler ainsi de "la diversité des mécanismes".

Plus loin, il dit: "En conséquence, les théories de l'évolution qui, en fonction des philosophies qui les inspirent, considèrent l'esprit comme émergeant des forces de la matière vivante ou comme un simple épiphénomène de cette matière sont incompatibles avec la vérité de l'homme. Elles sont d'ailleurs incapables de fonder la dignité de la personne." Jean-Paul II semble dire ici que le darwinisme est incompatible avec la foi chrétienne puisqu'il affirme que les seules forces de la matière vivante permettent l'émergence de toutes les formes vivantes et de leurs caractéristiques, l'une d'entre elles étant justement l'esprit qui est associé à la forme homo sapiens. A propos de ce paragraphe, Jean Staune précise que le cardinal Georges Cottier lui a expliqué qu'il ne s'agissait pas d'une condamnation du néodarwinisme stricto sensu, qui est une des possibilités existant parmi d'autres, mais de l'extension du néodarwinisme aux théories sur l'origine de l'esprit. On peut donc dire que si le texte de Jean-Paul II soutient l'évolution, il est très loin d'en constituer un soutien inconditionnel. 

liens: wikipedia.org -Position de l'Église catholique sur la théorie de l'évolution

scientifiques-chretiens.sup.fr -association des scientifiques chrétiens

marike.over-blog.com -Rosine Chandebois critique le hasard darwinien

marike.over-blog.com -2) Chandebois critique la sélection naturelle - II

wikipedia.org -Opinion de Charles Darwin sur la religion
harunyahya.fr -Le darwinisme est en contradiction avec la religion

rationalisme.org -La Théorie Darwinienne de l'Évolution

dub114.mail.live.com -Darwin, jamais remis en cause par l'expérience

evene.fr -dossier darwin

cnrs.fr -Guillaume Lecoîntre: Evolution et créationnismes

histoire-fr.com dossier créationnisme

cite-sciences.fr -Le créationnisme contre la théorie de l'évolution

pseudo-sciences.org -Qu’est-ce que le créationnisme ?

erudit.org -Le déterminisme du hasard (voir canalisation du hasard et Christian De Duve)

automatesintelligents.com -Libre arbitre et Hasard intrinsèque (sur A New Kind of Science, de Stephen Wolfram)

4) Alors finalement, est-on là par hasard ou non?

 

 

Que conclure après ce tour d'horizon des questions relatives à l'évolution? 

     -Nous ne sommes pas contraints d'accepter une théorie unique qui serait le néodarwinisme.

     -De grands chercheurs dont certains se réclament encore du néodarwinisme soutiennent des concepts poussant à crédibiliser, sans le prouver le finalisme.

     -Une nouvelle théorie de la biologie est nécessaire, car nous pouvons déduire des faits, que d'autres forces s'exercent sur l'évolution que les processus darwiniens, mais nous ne savons pas lesquels (une conception de l'évolution se déroulant sous l'influence de formes préexistantes pourrait faire partie de cette nouvelle théorie). 

     -Toutes ces approches doivent se situer au sein de la science et de la biologie, ce qui n'est pas le cas de la majorité des positions des tenants de l'intelligent design, qui sont créationnistes ou néocréationnistes.

Quelles sont les réponses à la question est-on là par hasard?

     -Pour l'ensemble des darwiniens et malgré les subtilités développées par les darwiniens chrétiens, il est très probable que nous soyons là par hasard. 

     -Dans la conception de Christian de Duve, un être pourvu de conscience devait apparaître; nous avons eu de la chance qu'il s'agisse de nous. 

     - Pour Conway-Morris ou Michel Denton, nous ne sommes pas là par hasard, un hominidé pourvu de conscience devait apparaître un jour ou l'autre, d'une façon ou d'une autre. 

     -Rémi Chauvin ou Rosine Chandebois postulent l'existence d'un programme interne donc, non seulement nous ne sommes pas là par hasard, mais le moment de notre apparition était plus ou moins déterminé. 

liens: uip.edu -La biologie non Darwinienne : essai de typologie et analyse des implications philosophiques
larevuereformee.net -Rosine Chandebois: À propos du clonage : la science au secours de l’éthique
larevuereformee.net -Rosine chandebois: Réflexions sur le texte « l’usage thérapeutique du clonage et des cellules souches embryonnaires »

 

Les faits que nous avons vus semblent parler en faveur de conceptions telles que celles de Conway-Morris ou Michel Dentonce qui incite à penser que la nouvelle théorie de l'évolution (NTE), répondra de façon moins catégorique que le darwinisme à la question "sommes-nous ici par hasard?"

Après ce tour d'horizon de l'évolution, le prochain article sera consacré à l'examen du cerveau et de la neurologie.


dimanche 12 mai 2013 19:21 , dans notre existence a t elle un sens


Notre existence a t-elle un sens? 12-1) "Recherchons Einstein de l'évolution (urgent). partie 1

 

Notre existence a t-elle un sens? 12-1) "Recherchons  Einstein de l'évolution (urgent). partie 1

 

Cette série d'articles dans la catégorie "notre existence a t-elle un sens"? est  l'expression de  ce que j'ai écrit dans la présentation de mon blog: "Les merveilles de la nature me fascinent. Mes réflexions: le sens de l'Univers et de l'existence. En moi, il y a deux mondes: le monde extérieur du "faire"et le monde de l'intérieur, non conscient, mais tout autant réel. Ma devise: l'essentiel, c'est l'amour, amour du sacré. Mes modèlesJésus (l'amour),Pythagore (la mathématique), Einstein (la physique)".

Je voudrais faire partager la lecture du livre de Jean Staunenotre existence a-t-elle en sens,  avec mes réflexions et les liens qu'elle m'a permis découvrir à travers internet. Ma quête est de retrouver (avec Jean Staune), le réenchantement du monde au cours des articles.


Mes articles déjà parus dans cette rubrique:

Notre existence a-telle un sens? 1) à propos de la préface du livre par Trinh Xuan Thuan

Notre existence a-t-elle un sens? 2) Le désenchantement du monde (et de l'homme!)

Notre existence a-t-elle un sens? 3) Comment ébaucher un "traité de la condition humaine"?

Notre existence a-t-elle un sens? 4) vers de nouvelles lumières.

Notre existence a-t-elle un sens? 5) première partie: Au-delà de cette limite, notre vision du monde n'est plus valable (naissance de la mécanique quantique).

Notre existence a-t-elle un sens? 5) deuxième partie : Au-delà de cette limite, notre vision du monde n'est plus valable (la non-localité).

Notre existence a t-elle un sens? 6-1) Vers un réalisme non physique...première partie

Notre existence a t-elle un sens? 6-1) Vers un réalisme non physique...deuxième partie

Notre existence a t-elle un sens? 7 partie 1) vous qui entrez ici perdez toute espérance ...

Notre existence a t-elle un sens? 7 partie 2) vous qui entrez ici perdez toute espérance...

Notre existence a t-elle un sens? 8 partie 1) le murmure du big bang...La deuxième fissure dans les théories classiques

Notre existence a t-elle un sens? 8 partie 2) Le murmure du big bang... la genèse du 

Notre existence a t-elle un sens? 9-1) Dieu revient très fort partie 1

Notre existence a t-elle un sens? 9-2) Dieu revient très fort partie 2

Notre existence a t-elle un sens? 10) où il fait plus noir que vous ne l'imaginez

Notre existence a t-elle un sens? 11 partie 1) Un point sur les articles déjà parus (la naissance de la physique quantique et la connaissance du réel)

 

Je consulte souvent aussi: astrosurf.com -UNE INTRODUCTION A LA PHILOSOPHIE DES SCIENCES

1) Prologue.

Les 11 premiers articles de cette série ont été consacrés à "ma lecture" des trois premiers chapitres de l'ouvrage de Jean Staune Notre existence a -t-elle un sens? Nous avons traité des questions fondamentales du chapitre 1 du livre (article 1 à 4): le désenchantement du monde (et de l'homme!), comment ébaucher un "traité de la condition humaine", allons-nous vers de nouvelles lumières? Puis nous avons longuement examiné le chapitre II: "qu'est-ce que le réel?" (articles 5 à 7) et le chapitre III: "d'où venons-nous? où allons nous?" (articles 8 à 11).  

Je n'ai pas écrit d'article au sujet du chapitre IV : "d'où venons-nous? où allons nous?" consacré aux théories de l'évolution. Mais je vais consacrer un article pour donner "ma lecture" du dernier paragraphe de ce chapitre: "recherchons Einstein de l'évolution (urgent!)."

 

2) NewtonDarwin > Ptolémée.

Blog de pascal : mon blog de réflexions, Notre existence a t-elle un sens? 12-1) "Recherchons  Einstein de l'évolution (urgent). partie 1

avevolution.blogspot.fr -Kallima inachus & Jean Staune

 

Blog de pascal : mon blog de réflexions, Notre existence a t-elle un sens? 12-1) "Recherchons  Einstein de l'évolution (urgent). partie 1

wikipedia.org -carte du monde: Ptolémée


Dans le chapitre 11 de son livre (Notre existence a -t-elle un sens?): "des histoires comme ça", Jean Staune analysé un certain nombres de faits qui montrent que le darwinisme (et aujourd'hui le néo-darwinisme) est devenu hégémonique. Tant de choses pouvaient soudain être expliquées grâce au couple mutation-sélection, qu'il fallait absolument que cela puisse tout expliquer. Il ne doit pas exister "d'espace" pour d'autres mécanismes agissant dans la nature selon des principes totalement différents.  

Pourtant, depuis 250 ans qu'il existe, le darwinisme est maintenant confronté à un certain nombre de difficultés. Si la sélection naturelle peut faire énormément de choses, elle ne peut toutefois pas faire apparaître la forme exacte d'une espèce de champignon sur les ailes du papillon Kallima (voir photo en entête du chap. 2), ni mettre au point un système de régénération du cristallin du triton ni faire ce que que est décrit dans d'autres exemples du chapitre 11 du livre de Jean Staune. Etant donné que les darwiniens ne veulent pas s'ouvrir à d'autres explications susceptibles de transformer notre vision du monde, ils racontent ainsi de jolies histoires qui n'ont rien à envier à celles de Kipling. Tous ces faits sont comme autant de trous dans la "chambre à air" du néodarwinisme et pour l'empêcher de se dégonfler, il faut en permanence coller des rustines ("les Histoires comme ça"), tout comme la théorie de Ptolémée a dû multiplier les "épicycles" afin de sauver la cohérence du système. 

La question qui se pose est: la théorie de Darwin est-elle du même niveau que celle de Ptolémée? Elle est d'importance, car la théorie de Ptolémée fait partie de la catégorie des théories fondamentalement fausses et elle a disparu, tandis que la théorie de Newton, a été appelée à être intégrée dans une synthèse plus vaste, la théorie de la relativité générale, passant ainsi d'un statut de "théorie absolue" à celui de "théorie expliquant des cas particuliers."

Darwin connaîtra-t-il le sort de Ptolémée ou celui de Newton. Je ne sais pas si Jean Staune a raison en pronostiquant que le théorie de Darwin se situe entre les deux et ne disparaîtra pas comme celle de Ptolémée parce qu'elle explique et continuera à expliquer de très nombreux faits et restera un outil très important pour comprendre le monde du vivant, mais elle sera remise en cause plus profondément que celle de Newton qui permet d'expliquer de façon relativement correcte le mouvement des corps célestes, car les faits qui ont été cités montrent que la théorie néodarwinienne est loin, dans son domaine de donner une explication aussi globale des mécanismes de l'évolution. Mais je sens, comme Jean Staune, qu'une nouvelle théorie de l'évolution est nécessaire, théorie qu'il nomme NTENouvelle Théorie de l'Evolution. C'est un Einstein qu'il faudrait trouver et non un Newton, car les éléments qu'on possède déjà montrent que la NTE sera aussi étrange et éloignée de nos concepts familiers que le sont la relativité générale et la physique quantique.

Si on suit alors Jean Staune sur les traces d'une telle théorie, il commence par un conte métaphorique qui permet de comprendre la situation actuelle.

Cela se passe sur la planète Pluton couverte à 100% de nuages, comme c'est le cas de Vénus. La vie existe et a conduit, par un remarquable phénomène de convergence, semblable aux idées émises par Simon Conway-Morris, à des êtres proches de nous mais adaptés (de façon darwinienne) aux grands froids qui règnent las-bas. Les changements climatiques ont donc une grande importance et toutes les religions tournent autour du climat: on prie les dieux depuis des milliers d'années pour que le climat se réchauffe. Mais un jour , un jeune scientifique, Dharles Carwin (le Charles Darwin de là-bas) fait le tour de Pluton et découvre, en mesurant la pression atmosphérique, l'existence de fronts froids et de fronts chauds. Il élabore une théorie révolutionnaire: l'alternance des périodes froides et chaudes est un phénomène chaotique lié aux affrontements entre des masses d'air froid et chaud et donc le froid n'a rien à voir avec une punition divine, ni le chaud avec une récompense. Une nouvelle science est alors fondée, la météorologie. Un siècle plus tard, les météorologues carwinistes sont capables de prédire le temps et surtout la température 3 à 4 jours à l'avance. La météorologie est enseignée dans toutes les écoles et parallèlement on assiste à l'effondrement des systèmes de croyance traditionnels.  

Reste que les météorologues se trompent assez souvent. Le fondamentalistes, adeptes d'une interprétation littérale de le religion selon laquelle ce sont les dieux qui régissent le climat, en profitent pour créer une école de pensée anti-météorologique. Ainsi, pour eux, chaque fois que les prévisions météorologiques sont erronées, c'est qu'une intervention de dieux a modifié le climat. Le débat fait rage sur Pluton. Mais un jour, un météorologue un peu excentrique, Dichael Manton (le michael Denton de Pluton), remarque que le climat sut Pluton était en moyenne plus froid il y a 200 ans (une durée équivalente à 200 années sur Terre) qu'à présent. Il affirme que des forces inconnues coordonnent le climat dans le long terme et que les météorologues carwiniens ne peuvent l'expliquer puisqu'ils font appel à des processus dus au déplacement aléatoire des masses d'air. Les carwiniens peuvent expliquer l'évolution du temps dans le court terme et non dans le long terme. Aussitôt il est dénoncé comme hérétique par les carwinistes. Postuler des forces inconnues! C'est une position digne de l'âge pré-scientifique! Et en plus, cela renforce les anti-météorologues dans leurs positions. Mais les idées de Menton font leur chemin et obtiennent l'adhésion d'un certain nombre d'anti-météorologistes et d'une minorité de météorologistes non carwinienne et ils créent ensemble un nouveau mouvement "l'intelligent climate" ("IC"). 

"L'intelligent climate" a peu de soutiens scientifiques, mais a un poids médiatique et prend la place de occupée auparavant par les antimétéorologistes purs et durs, qui tentent alors de remettre en cause quelques uns des acquis des carwiniens non seulement sur l'évolution à long terme du climat, mais sur son évolution à court terme, ce qui contribue à décrédibiliser le mouvement et à renforcer la carwinisme. 

Menton, lui, s'éloigne maintenant des supporters de l'IC. Il pense qu'ils vont trop vite en besogne en affirmant qu'un agent intelligent contrôle le climat dans le long terme. Il pense plutôt à une loi naturelle, une "horloge interne" à Pluton par exemple, avec un cycle de 250 ans qui agirait sur le champ magnétique qui, à son tour, agirait sur le climat. Comme il n'existe des relevés météorologiques que depuis l'équivalent de 250 années terrestre (puisque auparavant les variations du climat relevaient de la volonté divine), il faudra attendre longtemps (près de 500 années terrestres), pour que la notion de "cycles mentoniens" soit prise au sérieux. Il existe pourtant, sur Pluton, des périodes plus chaudes au terme d'une période équivalent à 250 années terrestres. 

Pendant ce temps, les écoles carwinniennes se développent, un énorme arsenal de simulations sur ordinateur (elles ont de gros moyens de recherches) qui donnent des résultats partiels que les carwiniens présentent comme suffisants pour prouver que le climat de Pluton peut être expliqué uniquement par par des mécanismes carwiniens.  

La clé de l'énigme, c'est, bien sûr, que Pluton met 248 ans pour tourner autour du soleil. En fait, ce que les plutoniens essayent de découvrir c'est le concept de saison. Mais ils n'ont pas la moindre idée que tout un univers existe à l'extérieur de leur planète, ils n'ont jamais vu le soleil ou la moindre étoile, et les différences de température moyennes entre été et hiver sont faibles et séparées par une durée largement supérieure à la vie humaine. Il faudra attendre que les plutoniens découvrent l'espace. 

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cnrs.fr -big bang

En traversant les nuages, ils auront un choc identique à celui de l'humanité terrienne lorsqu'elle est passée d'un monde de petite taille à un Univers gigantesque composé de milliards de galaxies. Les scientifiques découvriront la théorie du big Bang et le principe anthropique et ils se reposeront à nouveau la question de l'existence de Dieu et de son action dans le monde, mais de façon infiniment plus subtile que que les "non-météorologistes". 
Cependant, les météorologistes carwiniens, eux qui voulaient lutter contre l'obscurantisme, apparaîtront maintenant comme des obscurantistes en évitant à leur société de revenir à des conceptions pré-carwiniennes. Ils ont en effet retardé de plusieurs siècles certains progrès dans les connaissances scientifiques. Quel paradoxe pour ceux qui, avec l'invention de la météorologie, avaient été à l'origine d'un progrès essentiel dans la vie des plutoniens.  
Pour faire un parallèle avec la Terre, on peut résumer ce conte:

-Les carwinistes correspondent aux darwiniens qui affirment que les mutations dues au hasard et à la sélection naturelle sont les principales forces qui dirigent l'évolution.

-Les météorologues non carwiniens correspondent aux biologistes évolutionnistes non darwiniens. Parmi eux, les "mentoniens" correspondent à ceux, qui comme Michael Denton (voir liens 1) sur-la-toile.com)Rémi ChauvinPierre-Paul GrasséChristian de DuveSimon Conway MorrisAnne Dambricourt  ou Jean Chaline, pensent que l'évolution est orientée ou est prévisible quand on la regarde sur une échelle de temps suffisamment grande. 

-Le mouvement IC correspond à l'Intelligent Design (ID) dont les tenants déduisent que, du fait que l'évolution est canalisée, voire orientée, elle est dirigée par un agent intelligent. Michael Behe postule qu'un concepteur intelligent a permis l'apparition des structures complexes sur Terre. La canalisation et l'orientation de l'évolution s'expliquera sans doute par  la découverte d'un niveau insoupçonné du réel et par son interaction avec le monde des être vivants. Ces découvertes ne fourniront certes aucune preuve de l'existence de Dieu, mais elles fourniront une vision du monde qui rendra les conceptions non matérialistes plus crédibles qu'elles ne l'étaient auparavant. 


Le premier point pour élaborer une nouvelle théorie de l'évolution (NTE) semble être: qu'est-ce qui constitue sur Terre et en biologie l'équivalent de la mystérieuse coordination du climat en météorologie sur Pluton? Ce sont les trois types de phénomènes décrits dans le chapitre 11 du livre de Jean Staune (des "histoires comme ça"):

-Ceux qui montrent que l'évolution est canalisée ou régulée par quelque chose (l'horloge moléculaire qui suit le temps astronomique, le passage des reptiles aux mammifères)

-Ceux qui montrent que des formes, voire des organes peuvent s'incarner ou se développer sans que la sélection naturelle y soit pour quoi que ce soit (le cristallin du triton, les papillons comestibles qui imitent les papillons comestibles, la présence d'une imitation d'uns espèce particulière de champignon sur les ailes du Kallima).

-Ceux qui plaident en faveur du néolamarckisme (les mutations adaptatives des bactéries, les callosités sur les genoux du phacochère...).

Il semble donc que trois sortes de théories seront nécessaires pour expliquer l'évolution: 

-Le néodarwinisme, théorie de référence pour expliquer la plupart des micro-évolutions et des adaptations. 

-Le néolamarckisme qui expliquera la raison pour laquelle, dans une situation donnée, des animaux survivent grâce à de nouvelles adaptations à un rythme beaucoup plus rapide que celui des schémas darwiniens. Mais néodarwinisme comme néolamarckisme seront incapables d'expliquer les grandes transitions ou les grandes tendances évolutives. 

-La NTE, elle, devra expliquer "la macro-évolution, qu'elle soit non graduelle, comme la naissance de monstres prometteurs (voir le chapitre 11) ou qu'elle soit graduelle mais canalisée, comme le passage des reptiles aux mammifères ou qu'elle regroupe ces deux types de processus, comme le passage des prosimiens à l'homme."

atoi2voir.com -Ancienne et nouvelle théories de l’évolution

teddygoldsmith.org -Vers une nouvelle théorie de l'évolution

passeurdesciences.blog.lemonde.fr -La théorie de l’évolution doit faire sa révolution
pst.chez-alice.fr -Une (nouvelle) théorie de l'évolution
books.fr/sciences -simon-conway-morris: La science de l’évolution reste inachevée
staune.fr -L’évolution a-t-elle un sens ? - Michael Denton
pseudo-sciences.org -L’Université Interdisciplinaire de Paris
persee.fr -évolution: une théorie en crise
cnrs.fr -big bang 

futura-sciences.com -Principe anthropique et minitrous noirs selon Jean-Pierre Luminet

asmp.fr -Le principe anthropique - Débat
1) sur-la-toile.com -Questions sur M. Denton et 2 objections au darwinisme
sciences/simon-conway-morris -La science de l’évolution reste inachevée 
psychologram.com -psychoévolution

3) De quels concepts disposons-nous déjà pouvant servir à ébaucher la NTE?

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Fig 3 staune.fr -Introduction à la Biologie Non-Darwinienne

a) L'évolution de la vie serait "canalisée" vers des formes de plus en plus complexes amenant à l'existence d'être conscients. On doit ces conceptions à Christian de Duve et Simon Conway Morris. Elles partent du fait que le nombre de formes possibles dans la nature est bien plus réduit que ne le pensent les darwiniens. Le processus est un simple processus "d'exploration des possibles" par des voies darwinniennes. Mais, comme le nombre de possibles est assez limité, on est sûr de tomber dessus par hasard. L'évolution aurait certes pu être comme cela, due au seul hasard, mais l'existence de tendances qui se prolongent sur des millions d'années comme celles des  reptiles thériodontes (voir reptiles thériodontes), montre qu'il y a quelque chose de plus. Conway-Morris parle de "navigation de l'évolution d'une solution fonctionnelle à une autre". Pour lui, ce ne sont pas les possibilités dues au hasard qui sont limitées, c'est le "paysage évolutif" qui préexiste sous forme virtuelle et qui canalise les trajectoires évolutives vers des formes cohérentes et viables (des "noeuds stables de fonctionnalité"). Ce n'est donc plus un processus aveugle de d'exploration d'un nombre limité de possibles. On peut visualiser ceci en imaginant la structure d'un paysage constitué d'une montagne aux flancs couverts de ravins au sommet duquel on lance des billes. En fonction de la structure de ce paysage, on connait à l'avance l'ensemble des routes que peuvent parcourir des billes et les zones où elles n'iront jamais (dans les années 1950, Waddington a appliqué ce concept à la biologie sous le nom de "chréodes"). Conway Morris évoque aussi l'existence de très nombreuses convergences survenues au cours de l'évolution.

b) Selon les conceptions de Michael Denton et de D'Arcy Thompson, il existe des formes  platoniciennes ou des archétypes dans la nature et des lois mathématiques qui influent sur les formes des êtres vivants. Ici, les noeuds stables sont contenus dans les lois de la nature (les cristaux de neige ont 6 branches quelles que soient le complexité et la diversité de leurs formes). D'après Denton, ce serait le cas pour les protéines et peut-être pour les microtubules, voire les cellules. D'Arcy Thompson démontre que toute une série de structures dans la nature obéit à des lois mathématiques: les pommes de pin, les feuilles de tournesol, les coquilles de certains mollusques suivent une suite de Fibonnacci et les coquilles d'escargot ou les cornes de bélier un spirale logarithmique. Ces structures possèdent donc une logique sous-jacente. 

c) Les conceptions de Richard GoldschmidtStephen Jay Gould et Denis Duboule portent sur la nécessité de sauts dans l'évolution pour effectuer certains passages d'un type à l'autre. Si pour Conway Morris et Christian de Duve, il n'existe pas de différence entre micro et macroévolution, cela semble incompatible avec les constatations: la structure des fossiles déjà trouvés s'écarte fortement du gradualisme. Par ailleurs, plus génome est complexe, plus plus ses gènes interagissent en grand nombre et moins une transformation graduelle est possible selon Denis Duboule. et selon D'Arcy Thompson, le nombre de choses relatives aux êtres vivants est basée sur des formules mathématiques.  Or, on ne passe pas graduellement d'une structure mathématique à l'autre..

d) Le modèle de Vincent Fleury concernant l'origine des formes des être vivants est un autre concept à notre disposition.  Fleury a étudié les mécanismes physiques de la croissance des cristaux et les bases physiques du développement embryonnaire [...] Il a ainsi mis en évidence un mécanisme simple de formation des vertébrés  tétrapodes qui a de nombreuses implications scientifiques et philosophiques.

e) Les constatations des mathématiciens ou modélisateurs comme Marcel-Paul Schützenberger ou Pierre Perrier montrent que dans sa croissance vers plus de complexité, l'évolution suit un algorithme de contrôle optimal (algorithme allant vers un but intégré au processus et qui "connaît" le paysage dans lequel il évolue)."


liens: oumma.com -Mentir au nom de Dieu Par Jean Staune

oumma.com -Mentir au nom de Dieu (2/2) Les mésaventures des créationnistes avec les ancêtres de l’homme Par Jean Staune 

oumma.com -La remarquable découverte paléontologique d’Abderrazak El Albani

staune.fr -La question du Sens dans l’Évolution : La Biologie Non-Darwinienne et ses Implications Philosophiques

france-catholique.fr -DES-THERIODONTES-ET-DES-HOMMES

esc.cam.ac.uk -Simon Conway Morris Recherche: Early Evolution Métazoaires
uip.edu -Le non-darwinisme visionnaire de James Cameron
bien.vieillir.perso.neuf.fr -L’évolution de la vie : fruit du seul hasard ? Simon Conway-Morris,
scienceblogs.com -Simon Conway Morris’s :Life’s Solution:

genev.unige.ch -duboule et le développement génomique

www.asmp.fr -Modélisation et complexité


4) Quelques pistes pour une NTE?

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google.fr -UIP

Ces éléments peuvent permettre de décrire quelques aspects d'une autre vision de l'évolution. Dans le paysage évolutif de la fig 3 ci-dessus, on peut remplacer les embranchements par des escaliers que les billes larguées au sommet de la montagne vont dévaler. Si elles roulent sur une marche, cela représente l'évolution darwinienne, puis, si elles tombent sur la marche suivante, cela représente une macromutation. Mais, comme la montagne est loin d'être aménagée, A certains endroits, il n'y a plus d'escaliers, mais un chemin en pente reliant deux escaliers (correspondant à des évolutions canalisées mais graduelles comme celles allant des reptiles aux mammifères). Il existe aussi des bifurcations où les billes peuvent choisir plusieurs chemins possibles et des murs qui correspondent à des animaux panchroniques qui n'ont plus de capacités à évoluer. 

Mais, comment passe-t-on d'un être A à un être B? Il existe deux grande catégories d'hypothèses (on aura peut-être besoin des deux à la fois). -Pour la première il s'agit d'un mécanisme très simple comme celui postulé par Vincent Fleury et qui échappe en partie à la génétique (voir le chapitre 11 du livre de Jean Staune pages 305-309). Les organismes seraient des entités holistiques globales et non pas des ensembles d'organes qui s'ajouteraient les uns aux autres par des inductions successives. L'ADN fournirait les "briques de bas" pour construire l'organisme, mais pour l'essentiel, le plan d'ensemble se constituerait tout seul grâce des écoulements, des pliages, des collisions, des poussées de tissus qui constituent l'embryon. Fleury parle "d'hypogénétique", de facteurs bien plus fondamentaux que la génétique et non plus "d'épigénitique", notion selon laquelle certaines caractéristiques des être vivants pourraient échapper à la dictature des gènes.  

-La seconde, un mécanisme très complexe, (comme pour les plutoniens avec les saisons) fait découvrir une dimension radicalement nouvelle du vivant. Si, contrairement à l'hypothèse de de Fleury, les formes se trouvent bien codées dans le génome, et si A et B sont deux formes préexistantes de la nature, il y a un lien entre ces formes archétypales et leurs génomes pour que, lorsque le génome de A connait une macromutation, celle-ci soit canalisée pour aboutir au génome de B. Lothar Shäfer suppose un mécanisme permettent de faire passer une molécule d'ADN de son état actuel à un nouvel état qui préexistait sous une forme virtuelle et correspond à un nouveau genre ou à une nouvelle famille. Pour lui, la "sélection naturelle" n'est pas la seule à diriger l'évolution, elle est contrôlée par la "sélection quantique". C'est ici une spéculation qu'on peut comparer à celle des "météorologues non carwiniens" de notre récit en ce qui concerne la cause des saisons. 

Nous sommes un peu dans la même situation que Darwin qui ne savait rien des lois de l'hérédité ni de la génétique. Mais cela ne l'a pas arrêté car il avait assemblé suffisamment de "pièces du  puzzle" pour voir qu'il y avait une cohérence entre toutes les autres pièces et que même s'il manquait une pièce essentielle, il en savait assez pour en déduire que les choses devaient se passer ainsi. Nous aussi avons de nombreuses pièces qui reposent sur des faits ou sur des théories. L'image d'ensemble montre qu'un mécanisme fondamental reste à trouver pour expliquer l'origine des êtres vivants. On peut être sûr qu'un tel mécanisme doit exister, même si on ne sait pas exactement à quoi il peut ressembler.  

Alors, dans le cadre d'une conception non darwinienne de l'évolution, l'apparition de nouveaux plans d'organisation est-elle aléatoire ou en partie réglée par un mécanisme? Nous avons vu que certaines mutations du génome sont sous l'influence d'une l'horloge réglée sur le temps cosmologique et donc externe au temps propre de l'organisme et que certaines évolutions sont tellement structurées qu'il est possible de montrer qu'elle obéissent à des lois mathématiques. Jean Chaline et Laurent Nottale  calculé sur le base des travaux de Anne Dambricourt que l'arrivée de l'homo-futurus, prochaine mutation de la branche humaine pourrait se produire dans 800 000 ans (pour ma part, je pense bien avant, au rythme où évoluent les nano-technologies et l'intégration homme-machine). 

Des phénomènes pouvant servir à mesurer le temps dans la nature (comme par exemple la vibration des atomes) pourraient être impliqués dans ce processus. Même si la date d'apparition de nouvelles espèces n'est pas programmée depuis le big bang, l'apparition de certaines d'entre elles semble obéir à des lois sous-jacentes. Parmi la multiplicité de ses mécanismes, on peut postuler qu'il y a une cohabitation de "causes": 

     -Le pur hasard et les apparitions sont totalement imprédictibles, à l'image de la désintégration d'un atome.

     -Des déclencheurs provenant de l'environnement.

     -Un compteur interne qui se déclenche après un certain nombre de générations. 

     -Un compteur externe réglé sur le temps astronomique.

Mais, même si l'apparition d'espèces est programmé, beaucoup de facteurs peuvent interférer. Il est possible que même si les calculs de Chaline sont exacts, l'homo futurus ne voit jamais le jour,(l'humanité peut s'exterminer dans une guerre thermonucléaire dans 1 000 ans, nous pouvons être détruits par un astéroïde dans 10 000 ans...). Il y a certainement des déterminations dans l'évolution, mais l'évolution n'est pas un phénomène dans lequel tout est déterminé. 

La future NTE sera sans doute très différente de ce qu'on peut esquisser aujourd'hui, car elle intégrera des phénomènes aussi impensables que ceux qui étaient inconnus de Darwin et sont  familiers maintenant. Mais elle devra intégrer la plupart des faits que "nous" avons analysés et que le darwinisme n'explique pas ou dont il ne tient pas compte, en leur donnant sans doute un éclairage différent. La plupart de ces faits plaidant en faveur d'une évolution canalisée, voire en partie prédictible, dans laquelle le hasard joue un rôle moins important que dans le darwinisme, Ce sera sans doute aussi le cas de la NTE. Mais ne tout état de cause, cette NTE devra être une théorie strictement scientifique et ne reposer sur aucun miracle.


Pistes de réflexion et nouvelles directions de recherche.

     -Une tâche fondamentale sera d'établir où se situent les plans d'organisation ou archétypes. Sont-ils au niveau des des embranchements (Dans ce cas, aucun plan nouveau n'est apparu depuis le cambrien il y a 540 millions d'années) ou sont-ils situés à un niveau moins global?

     -Autre domaine essentiel: l'étude des causes de mutation. Y a-t-il des mutations coordonnées par quelque chose comme l'horloge moléculaire ou des mutations adaptatives en réponse directe aux modifications de l'environnement?

     -Une voie de recherche sur l'origine des formes et des régénérations d'organes peut permettre de voir si des théories comme celles de Vincent Fleury sont exactes.

     -Il faudra élaborer une méthode capable de distinguer les situations (évolution due au hasard, évolution graduellement dirigée comme c'est le cas pour le passage des reptile aux mammifères, évolution non graduelle).

     -Il faut concevoir des outils capables de déterminer si si l'imitation d'un organisme par un autre est issue d'un processus darwinien (cas du Lampsilis) ou s'il y a réalisation d'une forme par des voies qui n'ont rien à voir avec la sélection. Une modélisation des processus darwiniens devrait pouvoir démontrer leurs limites et en quoi des algorithmes susceptibles d'expliquer l'évolution doivent intégrer un "non-hasard" contrairement aux algorithmes postulés par Daniel Dennett et Richard Dawkins

     -Un autre sujet d'étude sera le lien entre la biologie et la physique quantique.

     -Mais le plus grand défi qui attend la NTE sera sans doute de: 1) Déterminer les espèces ayant une capacité à évoluer et celles qui l'ont perdue. 2) Déterminer quel pourrait en être le stade futur pour celles qui l'ont perdue. 3) Trouver le moyen, s'il existe, de déclencher le mécanisme permettant l'évolution de l'espèce vers l'état prédit. Un excellent candidat pour cette démarche pourrait être le "gobie marcheur", un poisson periophtalme qui possède une sorte de poumon rudimentaire. Il semble qu'il ait conservé la potentialité à évoluer de ses lointains cousins. Rémy Chauvin réclame depuis des années la réalisation d'expériences pour voir s'il est possible qu'un gobie engendre un jour quelque chose qui sorte de l'eau, mais aucune n'a encore été faite, alors des milliers de chercheurs travaillent sur les mutations des mouches drosophiles ou des bactéries, dont on sait qu'ell

vendredi 26 avril 2013 21:59 , dans notre existence a t elle un sens


Ma peinture Annecy, vue sur le port


Ma peinture Annecy, vue sur le port


Après ma peinture Annecy "les vieilles prisons" je retente un essai d'aquarelle. Je n'en suis guère plus satisfait, mais je persiste. Je crois que la persévérance sera un jour récompensée. Et puis je me sens bien par la peinture. 

 

 Annecy vue sur le port

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Avant de parcourir les rues de la vieille ville d'Annecy, il ne faut pas oublier d'évoquer Jean-Jaques Rousseau vu par annecymaville.over-blog.com.

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Le balustre d'or et le Buste de Jean-Jacques Rousseau ,

Citation: "Cet écrivain genevois, après une jeunesse mouvementée, fuit Genève pour Annecy où Madame de Warensl'accueillit , en 1728. Il y séjourne jusqu'en 1730. Dans ses "Confessions" il évoque son séjour dans la petite venise savoyarde ,
et sa rencontre avec Madame de Warens: 
"C'était un passage étroit derrière sa maison, entre un ruisseau à main droite qui la séparait du jardin, et le mur de la cour à gauche, conduisant par une fausse porte à l'église des Cordeliers.Prête à entrer dans cette porte, Madame de Warens se retourne à ma voix.Que devins-je à cette vue! " . Toujours dans les  Confessions(O.C., I, 49), il avait émis le vœu
qu'un « balustre d'or
 » marquât cet endroit.
Le petit monument fut élevé pour le deuxième centenaire de l'événement en 1928,
respectant ainsi le voeu émis par l'écrivain .
 Il comporte un bassin creusé dans une niche
et surmonté du buste de
 Jean-Jacques Rousseau.
 

Il retrouva Madame de Warens aux Charmettes , à Chambéry , deux ans plus tard. Il fit par ailleurs ses débuts de musicien à la cathédrale Saint-Pierre où il apprit la musique auprès du Maître qui la dirigeait". 


Voici maintenant quelques vues du vieil Annecy.

enroutevers.com -le Thiou à l'aval du port

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Le Thiou à l'aval du port (vue complémentaire de ma peinture)



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Le Thiou à l'aval du port de nuit

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mercredi 17 avril 2013 21:44 , dans peinture et art


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