J'ai aimé sur le blog "la
zeboute.com":
(mon commentaire sur ce blog):
Je crois que les méthodes sont complémentaires, mais la relation
humaine reste essentielle. Il faut conserver l'émerveillement,
l'étonnement (philosophique), l'amour (de la lecture, de la vie, de
l'existence...)
Recherche numérique et humaine, Google et la
bibliothécaire
Vous cherchez quelque chose ?
Un roman, sur la condition humaine, oui, du XXeme siècle. Je vous
propose Albert Camus, in the text.
Une question, une réponse.
That's it !
Et par Google, 10 000 réponses.
Faites votre choix, illustration à l'entrée de la bibliothèque
Gungahlin Public Library de Canberra, en Australie.
Et d'une création happening de Neil Gaiman :
« Google peut vous répondre avec 100 000 résultats, un libraire, ou
bibliothécaire peut vous donner une seule réponse, et la bonne.
»
Parce que la bibliothécaire, ou le libraire comprend son
interlocuteur, beaucoup mieux que les millions de données de
Google. L'algorithme est froid, la relation est chaude
On lira donc les nouveaux usages sur internet, certes, loin de la
bibliothécaire, mais dans le même registre : la curation, ou la
bonne proposition du bon lien numérique ou humain, au bon endroit :
Histoire de la curation (voir ci-après)
Définition et histoire de la curation, ou la
transmission de la connaissance
La curation est l'aggrégation de textes, de sujets, de curiosités
et de les mettre en avant. Dans les bibliothèques, encyclopédies,
les musées, les journaux, et maintenant, sur le web !
Ce concept, repris récemment dans le monde numérique et de
l'internet, fait référence au conservateur de musée, qui met en
avant certaines pièces maitresses, dans une exposition. Sur le net,
on met en avant certains articles. Voilà la curation. Trier,
présenter, partager, sur un sujet, une passion. La curation, ce
n'est pas nouveau. Restons dans le sens , et dans la modernité
!
Nous verrons ici que l'aggrégation, le classsement de sources
d'information, autour d'un sujet ont traversé nos modes de
réflexion. Jusqu'à aujourd'hui, et demain. Une médiologie du
classement, du tri.
Le dictionnaire et l'encyclopédie.
La diffusion de l'imprimerie, par Gutenberg, au XVeme siècle a
permis de multiplier en abondance les écrits. Petit à petit, les
écrits ont pu se propager, se diffuser. Devant l'abondance,
relative, de ces écrits, sont nés les objets de référence que sont
les dictionnaires, les encyclopédie . Point d'ancrage, point de
référence des informations importantes, que chacun peut à loisir
consulter. Le dictionnaire aggrège l'ensemble des définitions du
langage. L'encyclopédie, plus large, regroupe des thématiques et
les explique.
D'un aspect médiologique, la recherche et la proposition
d'information réside dans la dichotomie, du dictionnaire. On
feuillète les pages jusqu'à trouver le mot qui nous
intéresse.
La bibliothécaire.
L'encyclopédie du siècle des lumières avait l'ambition de donner la
connaissance au plus grand nombre. L'école républicaine, sous Jules
Ferry, procèdait du même objectif.
Devant la profusion de connaissance, et d'objets livresques, est
née la bibliothécaire. Dans les rayons des bibliothèques, scolaires
ou publiques, l'objectif de la bibliothécaire est de mettre en
avant les livres. Par un classement traditionnel [ par ordre
alphabétique des noms d'auteurs, par thèmes, par nom d'auteur
].
La difficulté pour ce métier, est de conjuguer les recherches :
classer par thème, par nom d'auteur, par titre de l'ouvrage ?
Comment susciter le désir de lire, de trouver son livre ?
En ce sens, l'informatisation des médiathèques a permis de croiser
les recherches. Peu importe comment sont stockés les ouvrages,
physiquement dans les rayons, la recherche par mots clefs sur
l'ordinateur permet de trouver son ouvrage. Le « google Search » ou
« google Suggest » avant l'heure.
La vraie « valeur ajoutée » de la bibliothécaire est de mette en
avant certains ouvrages. Selon les gouts, l'actualité.
En ce sens, la bibliothécaire est la « curator » moderne du web,
bien plus que le conservateur du musée dont on fait référence pour
parler des curators sur le web.
Les journaux.
Un journal est un document qui recense par ordre chronologique ou
thématique un certain nombre d'événements pour une période donnée
(généralement une journée, d'où il tire son nom) [ source Wikipedia
].
Le journal aggrège par définition des informations. La valeur de
ces journaux est d'y apporter une analyse, en fonction des
convictions des journalistes. En France, Le Monde, Le Figaro,
Liberation consolide des informations, et les met en avant, selon
les opinions « orientées » politiquement. La valeur de ces
journaux, comme la bibliothécaire précédemment évoquée est de
mettre en avant certaines informations, certains articles.
On relèvera ici également l'exemple du « Reader Digest », qui n'est
pas un journal proprement dit, mais un magazine [ le plus lu aux
Etats Unis, et dans une moindre mesure en Europe, et dans plus de
100 pays ]. Créé en 1922, il est une compilation d'articles sur des
thématiques diverses. En ce sens, il est l'ancêtre par excellence
de la curation sur internet.
Les premiers journaux de la curation.
Dans le début des années 2000 sont apparus les journaux gratuits.
20 minutes, par exemple.
Ces journaux sont basés sur un modèle économique de publicité. A
savoir diffuser gratuitement des informations, sur un support
permettant la publicité de masse. Ces journaux aggrégent des
dépêches de l'AFP. L'objectif étant le gain financier, peu
d'articles de fond, d'analyse sont proposés. Le format des articles
tient en quelques lignes, permettant aux lecteurs pressés [la
diffusion est largement faite dans les transports en commun ] de
s'informer a-minima.
[ En ce sens ces journaux se rapprochent plutôt des "content
farmer", aggrégeant informations dans un pur but publicitaire
]
La dichotomie exploratoire sur internet.
Les moteurs de recherche ont été les premiers vecteurs de collecte
d'information.
Bien avant l'aggrégation de contenu sur internet, comme
aujourd'hui, les premiers outils, initiés par Google ont permis la
recherche d'information.
Comme dans le dictionnaire.
Mais là n'est pas la curation, dans le sens, où c'est l'internaute
qui recherche l'information, et peu de contenu mis en avant.
D'autre part, ces moteurs robotisés et algorithmés ne sont pas des
comme le sont les journalistes, ou les bibliothécaires... Ils
rejoignent plutôt la catégorie des dictionnaires fastidieux.
Les portails internet et le web 2.0
L'arrivée du Web 2.0 a permis de franchir une marche dans la
proposition de contenu.
Le web 2.0 fournit une meilleure adéquation de la connectivité, de
l'intéraction de l'utilisateur sur le web, par des interfaces
améliorées.
Il a engendré de nouvelles opportunités.
En 2005 est né ainsi netvibes, inaugurant ce qu'on appelle les «
portails ». Sur un point unique d'entrée sur le web, on y retrouve
pour soi, toutes les informations que l'on souhaite. La météo, les
« flux RSS » [ abonnement à un sujet précis ].
Google, Yahoo, tous les grands permettent aujourd'hui à chacun de
disposer de sa page de contenu.
Comme pour les moteurs de recherche, l'initiative est d'abord à
l'internaute de configurer ses contenus dont il veut
disposer.
Wikipedia est LA pierre angulaire sur le web, encyclopédie
participative, où chacun contribue en alimentant du contenu.
Aujourd'hui, Wikipedia perd de ses contributeurs actifs [ de 90 000
en 2007 à 82 000 contributeurs, selon Jimmy Wales, fondateur de
Wikipedia ]. Serait-ce par ce que les contributeurs se sont
détournés vers la « curation », sur d'autres médias de contenu
?
Le concept de curator.
La définition de la curation est l'aggrégation de contenu sur
internet, autour d'un sujet. Cette aggrégation , à la différence
des moteurs, robots comme évoqués ci-dessus, a un caractère humain.
Comme la bibliothécaire qui trie et met en avant des ouvrages. Ou
comme un conservateur de musée qui choisit les pièces à disposer
pour une exposition.
Originellement, la définition du mot « curator » se réfère au
conservateur du musée.
Paradoxalement, la « conservation » relève du passé, alors que la
curation sur internet aggrège plutôt de la nouveauté.
En ce sens, l'image de la bibliothécaire, toujours à l'affut de la
nouveauté est plus apppropriée aux usages de la curation sur
internet.
Les caractéristiques du « curator » et de la « curation ».
1. Evénementiel, provisoire :
La curation se définit dans un temps court, l'immédiat. Comme le
journal [ du mot journée ], les informations collectées sont mises
en avant pour un instant. L'usage sur internet, monde du « temps
réél » est propice à la curation. Comme le conservateur du musée
qui présente des tableaux pour une expositiontemporaire, la
curation fournit une collection d'articles toujours provisoire.
C'est une exposition, un évènement, un « happening ».
En ce sens, le blog, qui permet de poster des « billets » n'est pas
véritablement considéré comme un média de curation
2. La passion humaine et la connaissance :
La vraie force des curators est leur passion pour ce qu'ils
présentent. C'est bien la différence entre les robots ou moteurs de
recherche qui fournissent des collections d'information. On
distingue aussi les curators des « content farmer », qui se
contentent de collecter, aggréger des informations dans le seul
objectif d'alimenter un site à des fins publicitaires. Le curator a
un réel objectif de transmettre sa connaissance.
3. La légitimité :
A l'inverse des institutionnels [ bibliothécaires, chercheurs,
journalistes ], chacun peut se révéler curator. Même l'amateur.
Pourvu qu'il connaisse un minimum son sujet, ou qu'il soit
passionné.
Les nouveaux outils de l'internet permettent d'offrir un moyen
simple de consolider le contenu, et d'assurer de la visibilité sur
le web : on les sites spécialisés : scoop.it, paper.li.
4. Limite de la curation :
la limite de la curation est qu'elle est essentiellement aggrégat
de contenu, et non producteur de contenu. Pour faire un parallèle
avec une encyclopédie, elle se résume donc à la table des matières,
et non dans le contenu du dictionnaire proprement dit.
Le bon « curator » doit donner du sens au contenu qu'il diffuse.
Comme la bibliothécaire qui conseille le lecteur.
Le capital de la la connaissance :
L'accélération de la production d'information, et la richesse de la
connaissance mettent en exergue le besoin de classer, trier,
proposer des contenus à la communauté des hommes.
Nous vivons au pied de véritables tours de Babel de la connaissance
: les bibliothèques, les millions de publication et la masse de
contenus sur la sphère numérique. Comment ne pas être englouti
?
La curation est une alternative intéressante. Elle permet
continuellement de « recycler » ou de proposer nos
connaissances.
La bonne « curation » est celle qui dépoussière la connaissance.
Pas des éléments de « buzz », mais des vieux articles, des liens
url surrannés qui nous relient dans la webosphère sur ce qu'il y a
de plus précieux : l'intelligence humaine.

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